
Les premières pluies tombées sur Conakry ce matin ont agi comme un révélateur brutal des limites des politiques d’assainissement dans plusieurs quartiers de la capitale guinéenne. À Matoto, le décor offert aux usagers de la route ressemble davantage à une décharge à ciel ouvert qu’à l’une des principales portes d’entrée de la ville.

Sous l’effet des eaux de ruissellement, des amas d’ordures ont envahi la chaussée, charriés par les caniveaux obstrués et abandonnés en bordure de route. Des sachets plastiques aux détritus ménagers, les déchets ont fini par recouvrir une partie de la voie publique, compliquant considérablement la circulation.
Très tôt dans la matinée, un gigantesque embouteillage s’est formé depuis le quartier de Sangoya jusqu’au rond-point de Matoto. Excédés, conducteurs et passagers ont dû prendre leur mal en patience dans une circulation quasiment paralysée.

À l’origine de ce chaos : une opération d’urgence menée au niveau du rond-point de Matoto, où des tractopelles et des camions-bennes ont été mobilisés pour débarrasser la route des immondices accumulés après la pluie. Une intervention salutaire, certes, mais qui illustre surtout l’ampleur du problème d’insalubrité auquel la capitale reste confrontée chaque hivernage.
Pour de nombreux citoyens, cette scène devenue récurrente témoigne de l’échec des stratégies de gestion des déchets urbains. À chaque saison des pluies, les mêmes images reviennent : routes inondées, caniveaux bouchés, déchets flottants et circulation perturbée.
Ces premières pluies n’ont donc pas seulement arrosé la ville ; elles ont surtout mis en lumière une urgence environnementale que les habitants dénoncent depuis des années.
