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Arrêt sur image : vous avez dit déguerpissement ? Vite, on se réinstalle !

La nature a horreur du vide, a-t-on coutume de dire. Cela se vérifie parfaitement quand on jette un regard sur quelques-uns des endroits qui ont été concernés par les opérations de déguerpissement pour libérer les emprises des routes. On se souvient qu’à force de perdurer, cette occupation anarchique a rendu ces chaussées impropres à la circulation.

Mais que s’est-il passé dans certains des endroits où les équipes de démolisseurs sont passés ? Eh bien, on a observé la réinstallation quasi effective de quelques ‘’victimes’’ à la même place qu’ils occupaient auparavant ou juste à côté. Il y a aussi les cas où on leur a laissé le soin de terminer eux-mêmes, la démolition entamée de leur mur avant de le reconstruire à la limite fixée. Ils sont rares à avoir obtempéré à cette injonction. Pour le vérifier, il suffit de chercher du regard l’encoche de couleur rouge marquant la limite établie à tous les endroits conflictuels. Dès lors qu’on la voit, il faut en conclure qu’il reste encore à tailler dans le mur.

Mais aussi, dire que la nature a horreur du vide se vérifie dans les zones auparavant vierges de toute occupation et qui, aujourd’hui, se remplissent rapidement au fil des jours. A preuve, cet espace que nous voyons là, qui s’est vite transformé, en si peu de temps !

Pour l’illustrer, voici ces deux images prises en janvier et février de cette année, soit un mois. On voit bien que les baraques, kiosques et autres ateliers poussent rapidement. Jusqu’où cela va nous mener ? Avec un squat aussi effréné des espaces vides, que va devenir cet endroit dans les semaines et mois à venir ?

Ils sont nombreux les citoyens qui s’installent ou se réinstallent partout à travers la ville. Ils l’arpentent dans ses moindres recoins et s’informent par tous les moyens possibles pour trouver un point de chute. Sur un plan général, nous dirons qu’il s’agit d’une délocalisation de squatteurs de sites d’installation. Quoique parmi eux, il y ait aussi de nouveaux adeptes du système D, bien connu des débrouillards qui disent chercher leur quotidien dans le petit commerce.

Et c’est une aubaine pour eux, quand ils tombent sur une zone vierge d’occupation. Pour eux, le raisonnement est simple : si de tous les côtés on déguerpit les gens et qu’il y ait d’autres endroits libres d’occupation, pourquoi ne pas s’y installer alors ? Pourquoi hésiter ? On est chez nous non ? Ladite place a beau être du domaine réservé de l’État ou impropre à les recevoir ; ils ont beau se rappeler qu’ils s’y installent dans les mêmes conditions que celles qui ont motivé leur premier déguerpissement, ils n’en ont cure.  Ils l’occupent d’office, puisque sans coup férir. Tant pis pour ce qui va arriver après. En somme, nous sommes devant un cas de récidive qui reconduit un interdit.

On peut se demander pourquoi tout ça ? Nous pourrions y répondre en citant le fait qu’un pan important du secteur tertiaire de notre pays, à savoir le commerce du demi-gros et du détail présente encore un caractère informel qui donne lieu à toute l’anarchie imaginable. Chacun veut vendre du tout et partout en snobant les marchés ou les lieux dûment prévus à cet effet. D’où le choix des installations inappropriées et inadaptées pour pratiquer leurs activités. Et là où le bât blesse, c’est quand on les laisse faire par manque de suivi dans l’application des décisions. C’est alors que, nous l’avons dit plus haut, la nature ayant horreur du vide, l’action entreprise se vide de son sens initial. Elle se transforme en : « quittes ici, mets toi là. » Un perpétuel recommencement !

Dans ce genre d’activités, pour être sûrs d’atteindre l’objectif fixé, nous devons toujours mettre de la fermeté dans ce que nous faisons, avec la dose qu’il faut de discernement et surtout de constance.

Chez nous, les concepts de suivi et évaluation ne se traduisent pas encore dans les faits. Ils ne semblent pas constituer une priorité pour les pouvoirs publics et les entités chargées de la mise en œuvre de projets ou activités d’intérêt commun.

Dans ce cas, comment voulez-vous qu’on apprécie alors leur taux de progression ? Comment identifier et surmonter les écueils qui compromettent leur évolution ? Tout le problème est là ! C’est peut-être bien ce qui fait que dans ce cas précis des déguerpissements on en est encore à ce niveau.

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