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Anniversaire de l’OUA : une célébration au goût d’inachevé

Parler d’anniversaire, c’est évoquer un événement particulier, une étape nodale qui marque la vie des individus, des nations ou des Etats. C’est un moment essentiel qu’on célèbre dans toute sa dimension, sans en occulter aucun des éléments constitutifs.

Ainsi, la journée du 25 mai 1963, qui marque la création de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine), est-elle une date historique, fêtée par les peuples africains qui ont décidé d’unir leur destin pour faire face aux enjeux de tous ordres, auxquels ils peuvent être confrontés, à l’échelle mondiale.

D’après les historiens, cette volonté d’union remonte au début du 20 -ème siècle. L’idée du panafricanisme aurait vu le jour dès l’année 1900, pour être exact. Depuis lors, elle a connu bien des péripéties qu’il serait long d’évoquer ici. Toujours est-il que, selon les mêmes sources citées plus haut, cette idée d’union ne s’est jamais estompée dans l’esprit des fondateurs du syncrétisme des Etats africains naissants. Ainsi, après la période située entre 1900 et 1927, « cinq congrès se sont tenus pour promouvoir la solidarité africaine et protester contre la colonisation. » Mais cela a été acté par des délégués venus d’Amérique et des Antilles. Il a fallu attendre l’année 1944 pour voir enfin les Africains eux-mêmes reprendre le flambeau et se mettre en première ligne. Ils fondent alors la même année, la Fédération panafricaine et organisent le sixième congrès panafricain en 1945, qui va déboucher plus tard sur la première conférence des Etats africains indépendants, au Ghana, en 1958.

Et selon toujours les historiens que nous citons, quelque temps après, en 1961, naquirent les groupes dits de Casablanca et de Monrovia constitués, pour les premiers, des Etats jugés radicaux, voulant une indépendance totale et immédiate et les seconds, les modérés, optant pour une approche plus tempérée et graduelle avec l’ancien colonisateur.

C’est cette volonté de s’unir que l’Empereur Hailé Sélassié, les Présidents Kwame Nkrumah, Abubakar Tafawa Balewa, Sékou Touré, pour ne citer que ceux-là, ont fédéré, en visionnaires qu’ils sont, pour fonder l’OUA, le 25 mai 1963, à Addis-Abeba, avec 30 Etats.

Depuis lors, le prestige et le rayonnement de cette organisation n’ont cessé de grandir pour s’imposer à l’échelle planétaire. L’OUA, devenue plus tard l’UA (l’Union Africaine) est aujourd’hui, l’interlocuteur incontournable pour discuter de toutes les questions ayant trait au continent.

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Mais, il y a une note au tableau qui nous paraît insolite, pour ne pas dire troublante. Au moment où l’on revisite l’histoire de cette organisation continentale, on est surpris de constater le peu de cas qu’on fait de Diallo Telli, son premier Secrétaire Général. Et cette ‘’presque omerta’’, qu’elle soit délibérée ou pas, ne s’observe pas qu’à l’extérieur. Elle est aussi une réalité dans le pays qui l’a vu naître.

Pourtant, ce haut fonctionnaire international, au-delà du destin tragique qui a été le sien et des corollaires qui ont suivi, devait constituer, au même titre que d’autres compatriotes qui ont fait leurs preuves au service du pays, une source de fierté.

Au même moment où on cite fièrement l’Empereur et les Chefs d’Etats qui ont fondé cette organisation, une place d’honneur doit être réservée à celui qui a fait faire ses premiers pas à cette institution à laquelle, nombreux sont ceux qui ne donnaient pas la longévité qu’elle a atteint aujourd’hui.

En corrigeant cet oubli, on ne fait que rester fidèle à la vérité historique que rien, ni personne ne saura jamais retoucher, encore moins effacer.

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