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L’an 1 du CNRD au pouvoir : le secteur culturel entre acquis et perspectives 

Le 5 septembre 2021, un coup d’État est venu écourter un mandat de six ans que Alpha Condé venait nouvellement de s’offrir. Ce coup de force mené par le CNRD a conduit à la dissolution du gouvernement et des institutions républicaines et constitutionnelles.

Peu après, l’on a assisté à la publication de l’ossature du gouvernement alors en vue, avant la nomination de Mohamed Béavogui comme Premier ministre, chef du gouvernement. Progressivement, les différents départements ont été pourvus.

Ainsi, à travers un acte du pouvoir central rendu public le vendredi 5 novembre, M. Alpha Soumah a été promu ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat.

Depuis cette date, ces trois secteurs connaissent plus ou moins de réformes. Notamment avec la publication d’un décret du président de la transition définissant les attributions et les statuts réglementaires des neuf Etablissements Publics à caractère Administratif (EPA) que compte le département, dont le FODAC, l’ONACIG, l’ONPA, l’ONT, le BGDA, le Centre international des percussions et l’AGS.

A cela, s’ajoute le décret d’application des droits littéraires et artistiques, en vue de la protection de la propriété littéraire et artistique.

La Culture éprouvée par des décès

Depuis septembre 2021, de nombreux acteurs culturels ont rejoint le royaume du silence. Loin de dresser un tableau funeste, nous nous contenterons de vous rappeler deux décès : celui d’Elhadj Filani Sékou Kouyaté, « Dokala Djély », rappelé à Dieu le samedi 26 février 2022 à Bamako où il était sous soins.

A sa mort, à l’âge de 90 ans, il était le gardien du mythique balafon Sosso Bala de Soumangourou Kanté, à Niagassola, dans la préfecture de Siguiri.

Quelque cinq mois après, le secteur de la Culture a été endeuillé par le décès du célèbre saxophoniste Mamadou Aliou Barry, plus connu sous le nom de Maitre Barry, décédé le mardi 26 juillet 2022 dans la ville française de Lens.

Ce musicien hors-pair de 79 ans, chef d’orchestre de Kaloum Stars, de Gombo Jazz et de l’Afro Groove, avait quitté Conakry le 17 juillet pour des vacances en France auprès de ses enfants et petits-enfants, où il a croisé la mort.

Sous le CNRD, le BDGA s’est offert des bureaux « conflictuels »

En application de la décision de la Direction générale du Patrimoine bâti public l’ayant sommé de libérer sa bâtisse de la Minière, le président de l’UFR Sidya Touré a été délogé au profit du Bureau guinéen du droit d’auteur.

C’est dans l’après-midi du mercredi 3 août 2022, que le ministre en charge de la Culture, Alpha Soumah, a procédé à la remise officielle des clés devant servir désormais de nouveau siège du BGDA jusque-là logé au Palais du peuple.

Intronisation du magistrat Siriman Kouyaté conservateur du Sosso Bala 

Le jeudi 14 juillet 2022, a eu lieu l’intronisation du 27e gardien du mythique Sosso Bala, à Niagassola, localité située à 135 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Siguiri. Il s’agit du magistrat Siriman Kouyaté, président de la 4e Chambre civile, commerciale et sociale de la Cour suprême de Guinée.

A ce titre, il continuera à pérenniser cette tradition multiséculaire malgré son statut d’agent de l’Etat à travers le respect des vertus qu’incarne un Balatigui (conservateur du balafon), que ses prédécesseurs ont assumé sans faille.

Proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2001 par l’Unesco et inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel, le Sosso Bala est depuis cette date un patrimoine mondial dont la valorisation et la protection de l’espace culturel deviennent pour la Guinée, un défi majeur à inscrire dans les priorité du ministère de la Culture et à placer au centre des préoccupations du gouvernement qui se matérialisera par des actes concrets.

Des perspectives plutôt heureuses sont annoncées par les autorités pour permettre aux acteurs de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat de vivre pleinement du fruit de leurs œuvres, avec la protection de leurs droits littéraires et artistiques.

Considéré comme parent pauvre des différents gouvernements ces dix dernières décennies, l’on est en passe de dire qu’avec ces multiples réformes, le secteur culturel est bien partie pour renaître de ses centres.

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