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Décharge de Dar-Es-Salam : Papa Koly rassure

La décharge de Dar-Es-Salam se trouve dans la commune de Ratoma. Elle est située à 13 kilomètres de la ville de Conakry. Sa superficie fait plus d’une dizaine d’hectares. En cette période de grandes pluies, les riverains sont partagés entre inquiétude et peur.

Aboubacar Camara est un résident du quartier. Selon lui, pendant la saison sèche, ils ont de sérieux problèmes avec la fumée. Et pendant l’hivernage, dit-il, il y a aussi des odeurs nauséabondes qui se dégagent du site. «Nous avons été toujours promis qu’il y aura le transfert de la décharge. Nos dirigeants ne comptent que sur leur intérêt personnel parce qu’ils bénéficient du carburant des machines qui travaillent dans la décharge», dénonce-t-il.   

Pour sa part, un autre riverain de la décharge, Issiaga Conté, alerte : «nous avons assez peur de cette montagne d’ordures. Cette année, il y a des machines qui poussent des immondices vers le quartier. Nous avons encore en mémoire le drame qui s’est passé en 2019. Que les autorités trouvent la solution au problème des ordures. Si rien n’est fait, en ce mois d’août avec l’abondance de la pluie, rien ne peut arrêter les ordures. »

Interrogé, le chef de quartier de Dar-Es-Salam, Charles Damba parle d’une possible inondation dans son quartier. Il a affirmé que les canaux d’évacuation sont bouchés.  Il a par ailleurs déclaré qu’il n’y a pas de risque d’éboulement car, selon lui, les citoyens ont été déguerpis des lieux. «S’il y a un éboulement, ce sera entre ordures», a-t-il indiqué avant d’inviter les autorités à prendre des dispositions pour éviter des possibles dégâts.

«Aujourd’hui, c’est à Dar-Es-Salam où sont jetées les ordures du kilomètre 24, de 36 et de Kagbelèn, c’est une honte.   Ici, des centaines de vieux pneus sont incinérés par semaine avec des fumées toxiques. Pendant la saison des pluies, il y a des odeurs nauséabondes et la saison sèche, c’est la fumée. Quand un malade va à l’hôpital, la première question qu’on lui pose, s’il fume la cigarette.  Il y a trop de cas de maladies pulmonaires. C’est l’Etat qui peut corriger cette situation, ce n’est pas le quartier, ni la commune moins encore le gouvernorat», a-t-il expliqué.

Interrogé par Guineenews sur cette situation, le ministère de l’Assainissement et de l’Hydraulique, Papa Koly Kourouma a rassuré qu’il n’y a aucun risque d’inondation. «Il y a plus de 200 mètres entre la décharge et les riverains», a-t-il rappelé. 

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«Aujourd’hui, la décharge de Dar-ES-Salam a complètement changé de visage. Nous sommes en train de passer de dépotoir à un centre d’enfouissement, les travaux sont en cours.  Il n’y pas de risque d’inondation. La décharge n’a pas de riverains directs. Le lieu est complètement déguerpi, entre la décharge et les riverains. Il y a plus de 200 mètres. Le lieu sera clôturé et nous allons y mettre un centre de tri et on va commencer à accéder au plateau pour enfouir les déchets», a-t-il expliqué.

Qu’en est-il du transfert de la décharge de Dar-Es-Salam vers le nouveau site Baritodé déjà identifié depuis plusieurs années ?

Le ministre Papa Koly Kourouma répond :«nous sommes en train de réaliser un projet de construction d’un centre d’enfouissement technique et moderne. Les études sont avancées. Tout récemment, il y a eu un rapport d’études, il a été amendé au cours d’un atelier et nous attendons la rédaction du rapport final.

Maintenant, nous sommes en phase de la mobilisation des ressources financières nécessaires. Une fois fait, nous allons procéder à l’appel d’offre, recruter celui qui va réaliser et un gestionnaire de l’Etat. Pour tout cela, il faut compter 2022 ou 2023 avec un centre de transit à Kabgelen».

 

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