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Matthew Wilcox, PDG du PDI Gold : « Kiniéro génère des flux de trésorerie qui devraient permettre de financer l’essentiel de la construction de Bankan »

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De la montée en puissance de la mine de Kiniéro au très attendu projet aurifère de Bankan, PDI Gold affiche de grandes ambitions pour la Guinée. Dans cet entretien accordé à Guinéenews, Matthew Wilcox revient sur les premiers résultats de Kiniéro, les coûts de production, le vaste programme d’exploration destiné à prolonger la durée de vie de la mine et le calendrier de développement de Bankan. Il évoque également les perspectives de PDI Gold d’atteindre plus de 400 000 onces d’or par an en Guinée à l’horizon 2029, le financement de ses futurs investissements, le contenu local, la gestion du cyanure et des résidus miniers ainsi que les relations avec les communautés d’orpailleurs. Il détaille enfin les prochaines étapes du groupe, notamment l’obtention du permis d’exploitation de Bankan et la mise en production commerciale envisagée pour fin 2028.

GUINÉENEWS : La mine de Kiniéro a enregistré sa première coulée d’or en décembre 2025 et sa production commerciale en février 2026. Quel bilan tirez-vous de ces premiers mois d’exploitation ?

MATTHEW WILCOX : Le bilan est très positif. En un peu plus de six mois, Kiniéro est passée de la phase de démarrage à un rythme de production supérieur à sa capacité nominale, tout en affichant des coûts parmi les plus compétitifs de la sous-région. Cette performance témoigne de la solidité de l’actif et de la capacité de nos équipes à mener efficacement la mise en exploitation d’un projet minier de cette envergure.

GUINÉENEWS : Avec une usine CIL traitant 5 millions de tonnes par an pour viser 139 000 onces annuelles, quels sont vos coûts de maintien de production (AISC) actuels et les objectifs de rentabilité à court terme ?

MATTHEW WILCOX : À Kiniéro, nos coûts de maintien de la production (AISC) se situent dans le premier quartile mondial, entre 1 100 et 1 300 dollars par once. Dans un contexte de cours de l’or élevé, la marge générée sur chaque once constitue aujourd’hui l’un des principaux moteurs de rentabilité du groupe. Ces flux de trésorerie contribuent directement au financement de notre croissance, notamment au développement du projet Bankan.

GUINÉENEWS : La durée de vie initiale de Kiniéro est estimée à neuf ans. Des campagnes d’exploration complémentaire sont-elles en cours pour prolonger ce cycle d’exploitation ?

MATTHEW WILCOX : Un vaste programme d’exploration est effectivement en cours en 2026 afin de prolonger la durée de vie de Kiniéro au-delà du plan initial de neuf ans. Il prévoit environ 133 000 mètres de forage répartis sur près de 1 500 trous, avec un double objectif : étendre les ressources oxydées situées à proximité immédiate de la mine, notamment dans les zones de Gobele, Zone C et West Balan/Farabana ; et poursuivre le forage de cibles situées plus au nord, comme Mankan, Filon Bleu, Filon Boni et Heriko, afin d’y définir de premières ressources inférées. La combinaison de l’extension du gisement actuel et de nouvelles découvertes devrait nous permettre de prolonger la durée de vie de la mine.

GUINÉENEWS : Vous ambitionnez d’atteindre une production annuelle de 400 000 onces d’or d’ici 2029 en Guinée. Quel est le calendrier précis des étapes clés pour y parvenir ?

MATTHEW WILCOX : Notre calendrier est clairement défini. Nous attendons désormais la délivrance du permis d’exploitation de Bankan. Le dossier, qui comprend notamment l’étude de faisabilité et le certificat de conformité environnementale, est complet depuis le début de l’année 2025 et se trouve dans la dernière phase de l’examen gouvernemental.

Une fois le permis obtenu, nous estimons qu’environ deux années seront nécessaires pour construire la mine et réaliser la première coulée d’or. La mise en production commerciale est visée pour la fin de l’année 2028. La montée en puissance de Bankan devrait ensuite porter la production combinée du groupe à plus de 400 000 onces d’or par an à l’horizon 2029.

GUINÉENEWS : La récente visite des ministres Bouna Sylla et Moussa Moïse Sylla a souligné la qualité de votre partenariat avec l’État et vos efforts en matière de contenu local. Quelles garanties le gouvernement vous apporte-t-il pour sécuriser vos investissements, et quelle place les Guinéens occupent-ils aujourd’hui dans vos effectifs, notamment aux postes de direction et d’ingénierie ?

MATTHEW WILCOX : Notre relation avec l’État guinéen repose sur un cadre réglementaire établi et sur un dialogue permanent et constructif avec les autorités compétentes. Cette coopération nous apporte la visibilité nécessaire pour planifier et sécuriser nos investissements dans la durée. Elle se traduit aussi très concrètement par la contribution économique de nos projets : sur la durée de vie des réserves actuelles de Kiniéro et de Bankan, nous estimons que plus de 6 milliards de dollars américains reviendront directement à l’État guinéen sous forme de dividendes, d’impôts, de redevances et de contributions aux fonds de développement local.

PDI Gold Guinée représente aujourd’hui 2 132 emplois directs et indirects, dont 92 % sont occupés par des Guinéens. La présence de cadres et de techniciens guinéens progresse grâce aux programmes de formation et de transfert de compétences que nous continuons de renforcer. Notre ambition est d’accroître encore leur représentation aux postes de direction et d’ingénierie dans les années à venir.

GUINÉENEWS : Considéré comme l’un des plus grands gisements non développés d’Afrique (250 000 onces/an sur 12 ans), où en est le processus d’octroi du permis d’exploitation et de validation des études d’impact environnemental et social (EIES) pour Bankan ?

MATTHEW WILCOX : Le processus environnemental a été mené à son terme en janvier 2025 avec la délivrance du certificat de conformité par le ministère de l’Environnement. L’étude d’impact environnemental et social fait partie intégrante du dossier de demande de permis d’exploitation, qui se trouve actuellement dans sa phase finale d’examen par le gouvernement.

Nous entretenons un dialogue constant et constructif avec les autorités guinéennes. Sur le plan opérationnel, nous sommes prêts à engager la construction dès que le permis d’exploitation aura été délivré.

GUINÉENEWS : Les flux de trésorerie générés par Kiniéro suffiront-ils à financer la construction de la future mine de Bankan, ou envisagez-vous une levée de fonds majeure sur les marchés ?

MATTHEW WILCOX : Le rapprochement avec Robex Resources a précisément été conçu pour doter le groupe d’une capacité de financement solide. Kiniéro et Nampala génèrent aujourd’hui des flux de trésorerie qui devraient permettre de financer l’essentiel de la construction de Bankan, sans recourir à une levée de capitaux fortement dilutive ni à une structure complexe de dette de projet.

Cette capacité à financer notre croissance grâce à nos actifs en production constitue un avantage compétitif majeur par rapport à de nombreux développeurs juniors du secteur aurifère.

GUINÉENEWS : Le traitement par cyanuration en pulpe (CIL) exige une gestion rigoureuse. Quelles technologies et normes appliquez-vous pour garantir la sécurité environnementale et la gestion des résidus miniers ?

MATTHEW WILCOX : La gestion du cyanure fait l’objet d’un encadrement rigoureux sur l’ensemble de nos installations. Le procédé CIL utilisé à Kiniéro, comme celui prévu à Bankan, repose sur des équipements conçus et exploités conformément aux standards internationaux applicables à la manipulation, au stockage et à la neutralisation du cyanure. Il s’accompagne d’un suivi environnemental continu de la qualité de l’eau et des sols.

La conception du parc à résidus miniers de Bankan a par ailleurs été confiée à des ingénieurs spécialisés dans le cadre des travaux d’ingénierie détaillée. Nous veillons ainsi à aligner chacune de nos installations sur les meilleures pratiques du secteur en matière de gestion des résidus et de sécurité environnementale.

GUINÉENEWS : Le bassin aurifère de Siguiri connaît une forte activité d’orpaillage traditionnel. Comment gérez-vous la cohabitation sur le terrain entre vos concessions et les communautés d’orpailleurs locaux ?

MATTHEW WILCOX : La cohabitation avec l’orpaillage traditionnel est une réalité à laquelle nous accordons une attention particulière dans le bassin de Siguiri. Notre approche repose sur un dialogue continu avec les communautés d’orpailleurs et les autorités locales, une délimitation claire de nos périmètres d’exploitation et des mécanismes de médiation en cas de chevauchement des activités.

Dans le cadre de nos programmes sociaux et environnementaux, notamment ceux consacrés à la restauration des moyens de subsistance, nous accompagnons également, lorsque cela est possible, des initiatives locales de diversification vers d’autres activités économiques.

GUINÉENEWS : Quel message souhaitez-vous adresser aux investisseurs internationaux qui observent le secteur minier guinéen et l’évolution du cadre réglementaire à travers le succès de PDI Gold ?

MATTHEW WILCOX : À travers le projet Kiniéro, la Guinée a démontré sa capacité à accompagner rapidement et efficacement le développement d’un projet minier industriel majeur, depuis son financement jusqu’à sa mise en production commerciale.

Le pays dispose d’un cadre minier clair et stable, tandis que le dialogue avec les autorités demeure constant et constructif. Son potentiel géologique est considérable et reste encore largement sous-exploité. Le projet Bankan, qui compte parmi les plus importants gisements aurifères non développés d’Afrique, en constitue une illustration majeure.

Dans un contexte de cours de l’or élevé, nous considérons que la Guinée présente aujourd’hui l’un des rapports rendement-risque les plus attractifs du secteur aurifère en Afrique de l’Ouest.

GUINÉENEWS : Quels sont les principaux projets et initiatives à venir de PDI Gold pour renforcer sa présence et son ancrage institutionnel en Guinée ?

MATTHEW WILCOX : Pour Bankan, les prochaines étapes sont l’obtention du permis d’exploitation, la décision finale d’investissement, la poursuite de l’ingénierie détaillée engagée en juillet 2026, puis le démarrage de la construction. Notre objectif demeure une mise en production commerciale vers la fin de l’année 2028.

À Kiniéro, nous poursuivons le programme d’exploration 2026. Celui-ci vise notamment à développer les ressources oxydées situées à proximité de la mine, à définir une première ressource inférée en roche dure conforme au Code JORC et à identifier de nouvelles cibles d’exploration.

Nous continuerons également à consolider notre présence dans la région en faisant progresser l’obtention de permis supplémentaires, notamment celui de Mansounia, identifié par la direction comme l’un des prochains catalyseurs de croissance aux côtés de Bankan.

Enfin, nous poursuivrons le renforcement de nos relations institutionnelles avec l’État guinéen, dans la continuité des visites ministérielles et de notre alignement sur les priorités nationales en matière de contenu local et de développement du secteur minier industriel. Cette dynamique sera également marquée par notre participation au Simandou Mining Summit 2026 en qualité de Diamond Partner et par l’ouverture prochaine de nos nouveaux bureaux à Camayenne.

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