
La Fédération patronale des professionnels des médias de Guinée (FEPAP-GUI) hausse le ton sur la question du financement de la presse. En visite au siège de la Haute Autorité de la Communication (HAC), ce vendredi 30 octobre 2026, la délégation conduite par son président, Amadou Tham Camara, a plaidé pour une revalorisation substantielle de la subvention annuelle accordée par l’État aux médias, dont le montant est resté inchangé depuis 2009.
À cette occasion, le nouveau bureau exécutif de la FEPAP-GUI a été officiellement présenté à Boubacar Yacine Diallo, président de l’institution de régulation. Au-delà de cette démarche de présentation, la rencontre a été l’occasion pour la nouvelle organisation patronale de soulever plusieurs préoccupations liées à la situation économique des entreprises de presse en Guinée.
Au cœur des échanges figurait notamment la subvention publique aux médias. Fixée à 3 milliards de francs guinéens depuis 2009, cette enveloppe devrait, selon la FEPAP-GUI, être portée à 15 milliards de francs guinéens pour tenir compte de l’évolution du contexte économique et des mutations profondes du paysage médiatique.
Pour justifier cette revendication, Amadou Tham Camara a notamment évoqué la dépréciation du franc guinéen face au dollar américain et l’augmentation des charges auxquelles les entreprises de presse sont confrontées.
« Nous avons demandé 15 milliards parce que c’est ce que vaut aujourd’hui la subvention. En 2009, un dollar valait 3 000 francs guinéens. Aujourd’hui, il avoisine les 10 000 francs. Depuis 2009, la subvention est restée à 3 milliards, en dépit de tous les changements intervenus dans le paysage médiatique », a-t-il souligné.
La concurrence des plateformes numériques en question
Le président de la FEPAP-GUI a également attiré l’attention sur les difficultés croissantes des médias traditionnels, confrontés à la transformation numérique et à la concurrence des grandes plateformes internationales, qui captent une part importante des recettes publicitaires.
« Au même moment, nous subissons une concurrence déloyale des plateformes numériques que sont Facebook, Google, TikTok, j’en passe. Nous perdons ainsi beaucoup de recettes publicitaires. Il est donc important que l’État travaille sur la taxation de ces plateformes numériques. Une partie des revenus qui en seront générés pourrait être fléchée vers le financement de la presse », a-t-il plaidé.
À travers cette démarche, la FEPAP-GUI entend placer la question de la viabilité économique des entreprises de presse au centre du dialogue avec les autorités. La nouvelle organisation patronale affiche ainsi son ambition de contribuer à la restructuration et à l’assainissement du secteur, tout en obtenant des pouvoirs publics un accompagnement financier adapté aux réalités actuelles du marché médiatique guinéen.

