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ANAFIC : les collectivités au cœur des échanges sur le financement du développement local

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Réunis les 15 et 16 octobre 2026 à l’occasion de la deuxième session ordinaire du Conseil d’administration de l’Agence nationale de financement des collectivités locales (ANAFIC), des responsables communaux ont exposé les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans le financement du développement local. Au cœur des échanges : les lenteurs de décaissement des fonds, la faiblesse des ressources propres des communes et la nécessité de renforcer leur autonomie financière.
Pendant deux jours, les administrateurs de l’ANAFIC et des responsables locaux, notamment les maires des 13 communes de Conakry et ceux des chefs-lieux de régions, ont examiné les mécanismes de financement des collectivités et les difficultés qui entravent la réalisation de leurs projets.
À l’ouverture des travaux, le Directeur général de l’ANAFIC, Sékou Mawa Touré, a souligné l’importance de cette rencontre pour améliorer les interventions de l’agence et renforcer l’efficacité du financement du développement local.
« La performance de l’ANAFIC doit, en définitive, s’apprécier à travers la qualité de ses interventions, la transparence de sa gestion et les effets concrets de ses financements sur les conditions de vie des populations », a-t-il déclaré.
Les discussions ont notamment porté sur l’exécution du plan de travail et budget annuel (PTBA) 2026, la mobilisation des recettes propres des collectivités, les mécanismes de financement de l’agence et une nouvelle formule de péréquation destinée à répartir les budgets d’affectation spéciale entre les communes selon leur typologie.
Des fonds disponibles, mais difficiles à mobiliser
Au-delà des mécanismes présentés, les difficultés liées à la mise à disposition effective des financements ont occupé une place importante dans les préoccupations exprimées par les élus locaux.
Le maire de la commune urbaine de Beyla, le Dr Abdoulaye Koné, estime que les lenteurs administratives constituent un obstacle majeur à la réalisation des projets communaux. Selon lui, les difficultés ne se limitent pas au décaissement des fonds par l’ANAFIC, mais concernent également leur disponibilité au niveau de la Banque centrale.
« Le plus souvent, c’est ce qui est constaté des années et années, le décaissement de ces fonds pour être mis à la disposition des collectivités pose beaucoup de problèmes », a-t-il expliqué.
Pour l’élu de Beyla, cette situation fragilise les capacités d’action des maires, alors que les populations attendent des réalisations concrètes dans leurs localités.
« Si vous n’avez pas de fonds propres, si vous n’avez pas encore de financement du côté de l’ANAFIC ou même si vous avez des fonds, ces fonds-là sont mis sur des lignes et cela n’encourage vraiment pas le développement local », a-t-il déploré.
Le maire plaide ainsi pour une révision de certaines dispositions du Code des collectivités locales de 2017 afin de permettre aux communes de disposer de davantage de moyens pour financer leurs propres initiatives.
Il propose notamment d’explorer des partenariats avec les entreprises locales et de permettre aux collectivités, dans un cadre juridique adapté, de participer au financement de certaines sociétés intervenant dans des secteurs comme l’eau, l’énergie, les télécommunications et la gestion des déchets.
Beyla et Télimélé sollicitent davantage de moyens
Érigée en région administrative, Beyla fait face à d’importants besoins en infrastructures. Le maire cite notamment l’ouverture des voiries, le lotissement, les routes, les écoles, les structures sanitaires et l’accès à l’eau.
Il évoque également les difficultés liées à l’emploi des jeunes et aux procédures de recrutement dans certaines entreprises sous-traitantes intervenant autour des activités minières.
Pour Abdoulaye Koné, la présence du projet minier de Simandou et de Rio Tinto Simfer dans la zone ne suffit pas à répondre à l’ensemble des attentes des populations. Il estime que les collectivités doivent pouvoir développer leurs propres ressources et bénéficier de partenariats mieux structurés.
Le maire de Télimélé, le Dr Alpha Mohamed Diallo, partage le constat sur les difficultés financières des collectivités. À l’issue des travaux, il a évoqué les problèmes de mobilisation et de redistribution des ressources, notamment celles liées aux différents mécanismes de financement, dont le FODEL, le FODECOM et le FNDL.
Il estime toutefois que certaines préoccupations dépassent les capacités d’intervention de l’ANAFIC et nécessitent un accompagnement direct de l’État.
« Je vais parler des routes. Je vais parler de l’eau à Télimélé, je vais parler de l’électricité », a-t-il indiqué.
Le maire a également cité la rénovation d’un bâtiment communal transformé en auberge et en salle de conférence, présentée comme une réalisation destinée à soutenir les activités de la commune.
L’ANAFIC appelée à concrétiser les décisions
À la clôture de cette deuxième session ordinaire, le président du Conseil d’administration de l’ANAFIC, Ahmed Karifa Diawara, a insisté sur la nécessité de traduire les discussions en actions concrètes.
Les travaux ont porté sur le suivi des résolutions précédentes, l’exécution du PTBA 2026, la mobilisation des recettes propres, les procédures de passation des marchés publics et les perspectives d’extension des antennes régionales de l’agence à Siguiri et à Beyla.
Le président du Conseil d’administration a invité la direction générale à assurer la mise en œuvre diligente des décisions et recommandations, avec des responsabilités clairement définies et un suivi régulier des résultats.
Cette session élargie aux responsables communaux aura ainsi permis aux élus de mieux comprendre les mécanismes de financement de l’ANAFIC, mais aussi de faire remonter les difficultés rencontrées sur le terrain.
Pour les maires, l’enjeu reste désormais de transformer ces échanges en solutions concrètes : des financements accessibles dans les délais, une meilleure mobilisation des ressources locales et des investissements capables de répondre aux besoins des populations.
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