
Après deux jours de travaux, l’atelier de présentation de la Stratégie nationale de développement de la filière avicole s’est achevé ce mardi 30 juin à Conakry. Les participants ont appelé à accélérer les réformes, mobiliser les investissements et renforcer le partenariat entre l’État, le secteur privé et les institutions financières afin de faire de l’aviculture un pilier de la souveraineté alimentaire et de la transformation économique de la Guinée. La cérémonie de clôture a été présidée par la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Djami Diallo, représentant son collègue de l’Élevage, Félix Lamah, empêché.
Dans le communiqué final lu par la Secrétaire générale du ministère de l’Élevage, Halimatou Sirando Diallo, les organisateurs ont salué « la qualité des échanges, la forte mobilisation des acteurs et l’engagement collectif en faveur du développement durable de la filière avicole ».
Selon ce document, les deux journées de réflexion ont permis de présenter et d’enrichir la Stratégie nationale de développement de la filière avicole 2026-2035, ainsi que le diagnostic institutionnel et organisationnel du Fonds de développement de l’élevage (FONDEL). Les participants ont également débattu des modèles de réussite dans le secteur, des mécanismes de sécurisation des investissements, des opportunités de financement offertes par les banques et les institutions financières ainsi que des conditions nécessaires à l’émergence d’une filière moderne, compétitive, résiliente et durable.

Les travaux ont confirmé la nécessité d’une action concertée entre l’État, les partenaires techniques et financiers, les banques, les compagnies d’assurance, les organisations professionnelles et les acteurs privés pour accompagner le développement de l’aviculture guinéenne.
Plusieurs recommandations formulées
À l’issue des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur l’adoption et la mise en œuvre effective de la stratégie nationale à travers une feuille de route opérationnelle, la création d’un comité de suivi-évaluation, l’accélération des réformes du FONDEL, la réalisation d’investissements structurants destinés à moderniser la filière ainsi que le renforcement des capacités des acteurs.
Les participants ont également plaidé pour le développement de mécanismes innovants de financement, la mise en place de dispositifs de garantie facilitant l’accès au crédit, la conception de produits d’assurance adaptés aux risques sanitaires, climatiques et économiques, ainsi que la création d’un cadre permanent de concertation réunissant l’État, les partenaires techniques et financiers, les institutions financières, les compagnies d’assurance et les organisations professionnelles.

« L’heure n’est plus au diagnostic, mais à l’action »
Prenant la parole à la clôture, Djami Diallo a estimé que ces deux journées avaient permis de franchir « une étape décisive » dans la transformation du secteur avicole. Selon elle, la présentation de la stratégie nationale a confirmé la volonté du gouvernement de faire de l’aviculture un véritable moteur de croissance, tandis que le diagnostic du FONDEL a montré les réformes indispensables pour transformer ce fonds en un instrument performant de financement du secteur de l’élevage.
La ministre a également relevé que les échanges entre les promoteurs et les banques avaient permis de lever plusieurs incompréhensions, démontrant que les financements existent mais exigent des projets bien structurés, des entreprises formalisées et des mécanismes de garantie adaptés.
Elle a insisté sur la nécessité de développer des investissements dans l’accouvage, la production d’aliments pour volailles, les infrastructures de transformation, la biosécurité, la logistique et la commercialisation afin de bâtir une filière compétitive.
« Le gouvernement prend bonne note des recommandations formulées. Nous veillerons notamment à accélérer les réformes institutionnelles du FONDEL, à améliorer les mécanismes de financement, à promouvoir l’investissement privé et à accompagner l’émergence de véritables champions nationaux », a-t-elle assuré.
Avant d’ajouter que ces actions permettront de réduire progressivement la dépendance du pays aux importations de produits avicoles, de créer des milliers d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, et de renforcer durablement la sécurité alimentaire.
Djami Diallo a enfin rappelé que cette ambition s’inscrit dans la vision du président de la République, Mamadi Doumbouya, à travers le programme Simandou 2040, qui place la transformation économique, la valorisation des ressources nationales et le développement du secteur privé au cœur de l’action gouvernementale.

Estimant que « le secteur privé est prêt, les partenaires sont mobilisés et les opportunités d’investissement sont identifiées », elle a conclu en affirmant que « l’heure n’est plus au diagnostic, mais désormais à l’action ».


