
À peine rentré de Chine, le chef du gouvernement a établi un parallèle entre les performances observées dans ce pays et les ambitions de la Guinée. « Je reviens de Chine. Hier. Et ce que j’ai vu, j’ai dit, la Guinée peut faire la même chose », a-t-il déclaré, avant de souligner que cet objectif exige « de la rigueur, de la discipline, de l’organisation et de l’efficacité ».
Selon lui, les discussions qu’il a eues avec son homologue chinois ont notamment porté sur les réformes engagées par la Guinée dans le secteur de l’énergie afin de soutenir la mise en œuvre du programme Simandou 2040, impulsé par le président de la République.
Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité de rompre avec un modèle économique qu’il juge désormais inadapté à la croissance démographique et aux ambitions de développement du pays.
Rappelant que la Guinée comptait environ 4 à 5 millions d’habitants il y a quatre décennies contre 17,5 millions aujourd’hui, selon le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH), il a estimé que les anciens modes de gestion des services publics ne permettent plus de répondre aux besoins actuels.
« Le secteur énergétique est le baromètre de la vie politique et sociale de ce pays », a-t-il affirmé, rappelant les importantes difficultés d’approvisionnement traversées par la Guinée, notamment après l’explosion du principal dépôt d’hydrocarbures de Conakry et durant les périodes de fortes perturbations en 2024. Le Premier ministre a salué la résilience des populations durant cette période avant d’assurer que la situation s’était progressivement améliorée.
Le paiement des factures érigé en priorité
Le chef du gouvernement a également défendu la généralisation des compteurs prépayés dans les administrations publiques. Après avoir rappelé que la Primature puis plusieurs ministères avaient déjà adopté ce système, il a annoncé que toutes les administrations devront désormais régler leurs consommations d’électricité. « Toutes les administrations doivent payer leurs factures d’électricité », a-t-il martelé à plusieurs reprises.
Allant plus loin, Amadou Oury Bah a qualifié le non-paiement des factures d’électricité de « crime contre son propre pays » et « contre les générations actuelles et futures », dénonçant également les fraudes, les branchements illicites et les contournements des compteurs qui aggravent les charges supportées par l’État.
Un financement innovant pour moderniser EDG
Le Premier ministre a salué l’ingénierie financière ayant permis l’acquisition des nouveaux équipements sans recourir directement au budget national de développement. Il a expliqué que le gouvernement entend privilégier le recours à des véhicules de projet (SPV), afin de mobiliser les banques, les bailleurs et les investisseurs privés lorsque les activités sont économiquement rentables, limitant ainsi l’endettement de l’État.
Dans cette logique, il a encouragé le développement du leasing pour permettre à EDG de disposer d’équipements modernes tout en les acquérant progressivement.
« Faire de l’électricité un problème du passé »
Le Premier ministre a fixé un objectif clair : tourner définitivement la page des crises énergétiques dans un délai de trois ans. Il a exhorté les responsables d’EDG à poursuivre leurs efforts, tout en promettant un accompagnement constant du gouvernement, mais également une exigence accrue dans l’exécution des projets.
Selon lui, les lenteurs administratives constituent aujourd’hui l’un des principaux freins au développement du secteur, certains projets nécessitant jusqu’à cinq années pour être réalisés alors qu’ils pourraient être achevés en moins de deux ans.
« La Guinée doit changer », a conclu Amadou Oury Bah, estimant que cette transformation passera nécessairement par une réforme profonde du secteur énergétique, condition indispensable, selon lui, pour bâtir une Guinée prospère, industrialisée et capable d’offrir de meilleures conditions de vie à sa population.

