
À Kindia, l’arrivée des premières pluies de la saison a agi comme un révélateur brutal. Dès les premières précipitations, le visage de la « cité des agrumes » s’est transformé : routes défoncées, chaussées érodées et quartiers isolés par des eaux stagnantes. Un décor de désolation qui suscite la colère des usagers et relance le débat sur l’entretien des infrastructures urbaines. Le constat est sans appel et, pour beaucoup, il s’apparente à un éternel recommencement. Chaque année, à la même période, le réseau routier de la commune urbaine de Kindia sombre sous le poids des pluies. Du centre-ville aux zones périphériques, la multiplication des nids-de-poule et l’absence de systèmes de drainage efficaces transforment les axes de circulation en véritables parcours du combattant.

Un calvaire quotidien
Pour ceux dont le gagne-pain dépend de la route, la situation est devenue intenable. Mamadou Barry, conducteur de taxi-moto au quartier Caravansérail, témoigne de la dangerosité du bitume : « À chaque pluie, c’est le même scénario. Les routes sont impraticables et, pour nous, c’est une mise en danger permanente. Les trous sont masqués par l’eau, ce qui provoque des chutes à répétition. »
L’impact économique est tout aussi sévère. Au marché central, les commerçants voient leur activité ralentir au rythme des averses.
« Certains chauffeurs refusent désormais d’emprunter certains axes par peur de briser leurs véhicules. Résultat : l’acheminement des marchandises est freiné et nos revenus s’effondrent », déplore Aïssatou Camara, une vendeuse locale.
L’urgence d’une réponse structurelle
Au-delà des désagréments de mobilité, ce sont les risques d’inondations qui préoccupent désormais les riverains. À Tafory, Ibrahima Bah, enseignant, s’étonne du décalage entre le poids stratégique de la ville et l’état de ses infrastructures :
« Kindia est une plaque tournante qui relie plusieurs régions. Il est inadmissible que ses artères soient dans un tel état d’abandon. Il ne s’agit plus seulement d’entretien, mais d’une question de développement et de sécurité publique. »
Un appel pressant aux autorités
Face à ce constat alarmant, le cri du cœur des habitants est unanime : ils réclament une intervention urgente des autorités locales et nationales. L’objectif est double : sécuriser les déplacements et mettre fin à cette dégradation chronique qui entrave le développement de la ville.
La question est désormais posée : les autorités seront-elles en mesure de lancer des travaux de réhabilitation avant que la saison des pluies n’atteigne son apogée, rendant toute intervention technique impossible ? En attendant une réponse concrète, les citoyens de Kindia continuent de jongler avec les bourbiers et les promesses non tenues.

