
Les importantes fissures apparues ces dernières semaines dans le quartier Nongo Tady, situé dans la commune de Lambanyi à Conakry, pourraient être la conséquence directe d’une exploitation excessive des ressources en eaux souterraines. C’est la principale conclusion du rapport technique établi par la mission d’expertise du ministère des Mines et de la Géologie à l’issue de plusieurs investigations menées sur le terrain.
Selon ce document, les fissures observées sur les habitations, les clôtures et certaines voies d’accès ne résultent pas d’un simple vieillissement des infrastructures. Les experts évoquent plutôt un phénomène géologique connu sous le nom de « subsidence », caractérisé par un affaissement progressif du sol dû à la réduction du volume des couches souterraines qui assurent naturellement sa stabilité.
Les investigations ont notamment permis d’identifier au moins 17 forages d’eau concentrés sur une superficie d’environ huit hectares. Une densité jugée particulièrement élevée par les spécialistes, qui y voient un facteur de risque majeur.
« L’exploitation intensive des eaux souterraines pourrait entraîner une baisse significative de la pression dans les aquifères », souligne le rapport.
Les experts estiment que les fissures constatées à Nongo Tady présentent précisément les caractéristiques associées à ce type de phénomène. Elles sont multidirectionnelles, évolutives et atteignent jusqu’à huit centimètres d’ouverture à certains endroits. Plusieurs bâtiments montrent également des signes d’affaissement ou de déformation structurelle.
L’analyse technique révèle par ailleurs que les dégâts ne sont pas répartis de manière uniforme. Certaines constructions sont plus touchées que d’autres en raison de la nature de leurs fondations, des matériaux utilisés ou encore des caractéristiques géologiques du sous-sol. Pour les spécialistes, cette disparité constitue un indice supplémentaire de mouvements irréguliers du terrain.
Le rapport mentionne également la présence d’une ancienne carrière de graviers dans la zone ainsi que la diversité des techniques de construction employées dans le quartier. Bien que ces éléments puissent contribuer à aggraver les désordres observés, ils ne sont pas considérés comme la cause principale du phénomène.
Face à cette situation préoccupante, les experts recommandent la réalisation d’études géotechniques, géophysiques et hydrogéologiques approfondies afin d’identifier avec précision les mécanismes à l’origine des fissurations. Ils préconisent également la mise en place d’un système permanent de surveillance pour suivre l’évolution des mouvements du sol.
Pour les spécialistes du ministère des Mines et de la Géologie, la compréhension du comportement des nappes souterraines constitue désormais une étape essentielle pour expliquer les fissures qui inquiètent les habitants de Nongo Tady.
Dans l’attente des résultats d’investigations complémentaires, le rapport appelle à la vigilance et à une meilleure régulation de l’exploitation des eaux souterraines dans cette partie de la capitale.

