
A l’occasion de sa rencontre trimestrielle avec la presse ce jeudi 4 juin 2026, la direction de Rio Tinto SimFer a affiché une confiance inébranlable. Entre infrastructures ferroviaires achevées, installations portuaires en phase décisive et un taux de main-d’œuvre locale atteignant les 77 %, le géant minier confirme que le plus grand projet d’infrastructure d’Afrique est en passe de tenir toutes ses promesses opérationnelles, avec une mise en service confirmée pour début 2027.
C’est un exercice de transparence qui sonne comme un tournant pour le projet Simandou. Face à la presse, Chris Aitchison, Directeur général de SimFer S.A., et Aboubacar Koulibaly, directeur pays de Rio Tinto en Guinée, ont dressé un bilan d’étape particulièrement robuste. L’infrastructure sort de terre, les incertitudes techniques s’estompent et le mégaprojet de près de 20 milliards de dollars américains entre désormais dans sa phase la plus critique : celle des finitions industrielles avant l’exploitation.
Aujourd’hui, la grande annonce de cette rencontre réside dans la fin officielle des travaux de l’embranchement ferroviaire connectant la mine de Simandou à la ligne principale du Transguinéen. « Les travaux ont été achevés et l’infrastructure a été remise officiellement », a martelé Chris Aitchison, signalant que ce défi logistique majeur est désormais derrière eux.
Sur le site minier, la tendance est également à l’optimisme. Les infrastructures permanentes de concassage primaire et secondaire, ainsi que les zones de chargement des trains, affichent des taux d’exécution en avance sur les prévisions. La mise en service de ces unités de concassage est d’ailleurs programmée pour le second semestre de cette année.
À l’autre bout de la chaîne, au port de Moribaya, le paysage industriel est en pleine métamorphose. La structure principale du quai est pratiquement achevée et surmontée de trois chargeurs de navires. Si la livraison finale du port est attendue pour la fin de l’année 2026, la mise en service officielle pour les premières exportations de minerai de fer reste fermement planifiée pour le premier trimestre 2027, en dépit des défis climatiques imminents liés à la saison des pluies.
A l’occasion de cette conférence de presse, Aboubacar Koulibaly a révélé que sur un effectif global colossal d’environ 20 000 travailleurs mobilisés sur le projet, 77 % sont des nationaux.
De son côté, Chris Aitchison a notamment mis en avant l’envoi de jeunes marins guinéens en Chine pour se former au pilotage des navires de transbordement (TSV), des pièces maîtresses de la future chaîne d’exportation maritime. Une stratégie indispensable pour garantir qu’à terme, la maintenance et la gestion stratégique de ces infrastructures hautement techniques soient pilotées par des cadres guinéens.
Simandou, un levier de transformation macroéconomique
Avec un investissement global frôlant les 20 milliards de dollars, Simandou n’est plus un simple projet extractif, mais le futur poumon économique de la Guinée. Ce projet multigénérationnel redéfinit déjà l’attractivité du pays à l’international et ouvre des opportunités inédites pour le secteur privé local via la sous-traitance.
Consciente des attentes cruciales en matière de gouvernance environnementale et sociale, la direction pays a réitéré son alignement sur les standards mondiaux du groupe. Face aux impacts inhérents à un tel chantier, Aboubacar Koulibaly a insisté sur l’importance d’un dialogue permanent avec les communautés de Beyla et Forécariah, la société civile et les médias pour désamorcer les tensions sur le terrain.
Ainsi, Rio Tinto SimFer envoie un signal fort aux marchés et au peuple guinéen : l’éléphant de fer de Simandou est bel et bien réveillé, et son entrée en gare opérationnelle est désormais une question de mois.

