mardi, 28 mars 2017, 13:58 GMT

N’Zérékoré : Kpèlè et Konianké signent un nouveau pacte de non-agression

sam, 27 Juil 2013, 15:48

Des représentants Kpèlè et Koniankés, les deux ethnies qui se sont affrontés la semaine dernière dans la région de  N’Zérékoré,  ont signé mercredi un nouveau pacte de non-agression  après avoir foulé dans le sang le premier signé il y a seulement deux ans et quelques mois.

Selon nos sources, le nouveau pacte de non-agression a été signé dans plusieurs quartiers de la ville au cours des cérémonies auxquelles ont pris part les sages de la région, les autorités locales et la délégation gouvernementale. D’autres ethnies vivant dans la région l’ont adhéré comme ce fut le cas en mai 2011. C’était  au lendemain d’un autre  affrontement entre Konianké et Kpèlè à Galakpaye dans la préfecture de Yomou (une autre préfecture de la région).

Le nouveau pacte interdit à toutes les communautés vivant en Guinée Forestière, spécifiquement les Kpèlès et les Koniakés, de recourir à la violence pour la résolution de leurs différends. Mais sa signature  est critiquée  par le Conseil préfectoral de la société civile de N’Zérékoré qui ne voit pas en elle une solution durable. « Ils se sont précipités de faire signer  ce pacte par les communautés alors que cela devrait intervenir après une enquête sérieuse et une vraie justice. D’ailleurs je n’appelle pas cela pacte. C’est plutôt une convention. Parce qu’un pacte est plus durable et plus respectable que ce qui a été signé », estime le président du conseil préfectoral de la société civile Mathieu Manamou.

L’activiste de la société civile  n’est pas le seul à critiquer le pacte signé mercredi. Plusieurs défenseurs des  droits l’homme réclament d’abord  une enquête sérieuse sur ces violences qui ont fait près de 100 morts selon le dernier bilan dressé par le gouvernement. « A partir du moment où un premier pacte a été violé, on ne doit plus se limiter à des simples signatures », estime un d’eux rencontré à Conakry.

Depuis les affrontements  de 1991 qui ont entrainé la mort de plus de 200 personnes (bilan officiel), plusieurs observateurs soutiennent qu’une nouvelle tension était perceptible entre les deux ethnies. Entre autres, les affrontements sanglants et meurtriers à Galakpaye leur ont donné  raison. Mais certains disent n’avoir jamais imaginé ces extrémités enregistrées du 15 au 17 juillet.

On estime que  si les sentiments de haines continuent à animer les uns contre les autres, c’est parce qu’il n’y a pas eu  quelque part de véritable justice après 1991. En effet, l’enquête diligentée par le  pouvoir de l’époque n’a jamais fourni ses résultats.

Quant au gouvernement actuel, il  a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire et plus d’une centaine d’arrestations. Et, le procureur de la République près le tribunal de première instance de N’Zérékoré, Zézé Béavogui,  a dit avoir reçu plusieurs plaintes venues de part et d’autres.

Lire plus