
Devant les conseillers nationaux de la transition réunis en plénière ce jeudi 5 mars au Palais du Peuple, la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a livré une intervention structurante pour accompagner l’adoption du programme de développement Simandou 2040.
Dans un discours marqué par une vision économique à long terme, elle a souligné que ce programme dépasse largement le cadre d’un simple projet économique pour devenir une véritable stratégie nationale de transformation.
S’adressant au président et aux membres du Conseil National de la Transition, la Ministre a rappelé que la Guinée traverse une phase décisive de son histoire, caractérisée par une dynamique profonde de transformation.
Selon elle, le programme Simandou 2040 représente une feuille de route ambitieuse sur quinze ans destinée à convertir les immenses ressources naturelles du pays en un moteur de diversification économique, de modernisation des infrastructures, de création d’emplois et d’amélioration durable des conditions de vie des populations.
Mariama Ciré Sylla a également mis en avant les progrès économiques réalisés ces dernières années. Elle a rappelé que l’exercice de rebasage du PIB, mené selon les standards internationaux avec l’appui du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, a permis de mieux refléter la réalité et le potentiel de l’économie guinéenne.
Sur cette base, la croissance économique du pays s’est établie à plus de 6 % en moyenne ces dernières années, avec des perspectives particulièrement prometteuses. Dès 2026, la croissance du PIB pourrait atteindre 10 %, portée par l’essor des grands projets structurants, l’accélération des investissements et la montée en puissance du projet minier de Simandou.
La Ministre a également insisté sur les résultats obtenus grâce aux efforts engagés pour renforcer la discipline budgétaire, améliorer la mobilisation des ressources domestiques et consolider la stabilité macroéconomique. Ces réformes commencent, selon elle, à produire des résultats tangibles, notamment à travers l’amélioration de la crédibilité économique du pays et la confiance croissante des partenaires internationaux.
Parmi les réformes majeures en préparation, Mariama Ciré Sylla a annoncé la création prochaine du Fonds souverain de la République de Guinée, un instrument stratégique destiné à assurer une gestion responsable et intergénérationnelle des revenus issus de l’exploitation des ressources naturelles. Ce fonds reposera sur trois objectifs principaux : stabiliser l’économie en période de volatilité des prix des matières premières, financer des investissements structurants pour le développement du pays et constituer une épargne pour les générations futures.
Elle a également précisé que la réussite du programme Simandou 2040, dont le coût est estimé à plus de 330 milliards de dollars, dépendra d’une stratégie de financement robuste et diversifiée. Le Gouvernement entend ainsi mobiliser davantage de ressources internes en élargissant l’assiette fiscale, en accélérant la digitalisation de l’administration fiscale et douanière et en améliorant le recouvrement des recettes publiques. Parallèlement, une meilleure valorisation des secteurs stratégiques tels que les mines, les télécommunications et les entreprises publiques devra permettre d’augmenter les recettes nationales.
Au-delà des ressources domestiques, la Guinée prévoit également de mobiliser des financements concessionnels auprès de ses partenaires techniques et financiers et d’encourager la participation du secteur privé. Selon la ministre, près de 40 % du financement du programme Simandou 2040 devrait provenir du secteur privé, notamment à travers des partenariats public-privé et un accès progressif aux marchés financiers régionaux et internationaux.
Dans le même esprit, le Gouvernement entend améliorer la qualité et la transparence des dépenses publiques afin de garantir l’efficacité de l’action publique. Cela passera notamment par la rétrocession de ressources aux collectivités locales, le renforcement des moyens des services déconcentrés, la digitalisation des procédures de passation des marchés publics et la poursuite de l’apurement de la dette intérieure pour soutenir les entreprises nationales.
La Ministre a également évoqué les mesures prévues pour éviter le « syndrome hollandais », phénomène économique qui survient lorsque l’exploitation massive de ressources naturelles entraîne le déclin d’autres secteurs de l’économie. Pour y faire face, le gouvernement prévoit d’investir fortement dans l’agriculture, l’industrie et les infrastructures afin d’assurer une diversification économique durable.
Enfin, une attention particulière sera accordée à la promotion du contenu local afin que les entreprises et travailleurs guinéens bénéficient pleinement des retombées du programme. Des mécanismes de soutien aux PME seront renforcés, notamment à travers l’amplification du fonds de garantie destiné à faciliter leur accès au financement et à leur permettre de participer aux opportunités économiques générées par Simandou 2040.
Concluant son intervention, Mariama Ciré Sylla a souligné que Simandou 2040 constitue bien plus qu’un programme de développement : il s’agit, selon elle, d’un projet national porteur d’espoir pour toute une génération. En l’adoptant, a-t-elle déclaré, le Conseil national de la transition contribue à poser les bases d’une Guinée plus forte, plus prospère et pleinement maîtresse de son destin économique.

