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Tribunal de Kaloum : c’est parti pour les audiences criminelles session 2022

Au tribunal de première instance de Kaloum, l’heure des audiences criminelles a sonné. Pour cette année 2022, le tribunal a 10 dossiers à éplucher. Parmi ceux-ci, encore des cas de viol. On en compte huit sur la dizaine de dossiers. Comme pour dire que le phénomène persiste en dépit des efforts des ONG de protection des filles et femmes et de la justice. Les deux autres dossiers portent sur un cas de coups et blessures volontaires exercées sans intention de donner la mort mais ayant cependant occasionné et un cas de trafic de détention, importation et transport international de drogue à haut risque.

En présentant ces accusés au tribunal, le représentant du ministère public a voulu que le droit soit dit pour que chacun des 18 accusés soit situé. « Vous trouverez en ce tribunal un garant du respect d’une procédure équitable et contradictoire qui va préserver les équilibres des droits des parties, aussi bien du ministère public partie poursuivante, des accusés et des victimes…», a répondu le président Ibrahima Sory I Tounkara dans son discours de lancement des audiences. « Autant [il] sera accordé au ministère Public, tout le temps nécessaire pour soutenir son accusation, autant le tribunal veillera au respect scrupuleux du principe de la présomption d’innocence des accusés, sans négliger l’état d’âme de la victime », a-t-il poursuivi.

Le juge Tounkara a souligné qu’il ne s’agira pas pour le tribunal d’envoyer en prison des innocents quand les vrais coupables n’auront pas été trouvés pour être traduits devant le tribunal.

Tout ce dont il s’agira pour le tribunal, a explicité le président, est  la constitution ou non des éléments matériels de l’infraction comme prévu par le code pénal c’est-à-dire la réalité, la matérialité ou l’existence du fait punissable ; l’imputabilité ou non des faits à l’accusé, c’est –à-dire si les faits sont constitués donc réels, est-ce que l’accusé présenté à la barre en est l’auteur responsable, coauteur ou complice ; l’intention et/ou la connaissance de cause. « Ce qui revient à poser la question de savoir est ce que l’accusé même auteur des faits, avait vraiment l’intention de commettre ce fait antisocial et voulait réellement aboutir à cette conséquence punissable. Il s’agira en termes simples de déterminer si l’accusé souffrait ou pas de déficience mentale au moment des faits », a-t-il ajouté.

C’est à l’issue de l’examen de tous ces éléments, a dit le juge, que le tribunal en écoutant que sa seule conviction et au vu des preuves débattues à l’audience publique pourra valablement se prononcer soit sur la condamnation ou la relaxe d’un quelconque accusé. C’était donc le lieu pour Ibrahima Sory I Tounkara de signaler qu’au cours de cette session, les juges mettront tout en œuvre pour ne pas condamner des innocents et qu’aucun coupable ne soit acquitté. « Car il vaut mieux libérer cent (100) coupables que de condamner un (1) innocent…Toutefois il me semble utile de rappeler également que “ ce n’est jamais la justice qui rend la justice, ce sont des juges, c’est-à-dire des hommes et des femmes susceptibles, comme tout autre de commettre des erreurs“ disait Lionel Jospin », a-t-il terminé.

Une salle rénovée

Après la cérémonie d’ouverture, les audiences ont commencé par le jugement pour viol sur une élève de 13 ans  de Sidiki Fofana et d’Ibrahima Sory Camara. Ce qui pouvait aussi attirer au cours de cette cérémonie, c’est la propreté de la salle d’audience. Autrefois poussiéreux et nid des punaises, la salle d’audience était plutôt aérée, bien peinte, avec des meubles neufs… Même le box des accusés a changé d’apparence. C’est donc dans un espace sain que se tient cette session criminelle. Ce qui est à mettre à l’actif de la nouvelle équipe dirigeante du tribunal.

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