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Transition : la Guinée à l’épreuve d’une gestion spartiate (édito)

Déterminé à remettre le pays d’aplomb, après une gestion à vau-l’eau, le CNRD dont la tête semble bouillonner d’idées, veut mener plusieurs tâches de front. Cela va de la moralisation de la vie publique, en faisant passer sous les fourches caudines de la justice, les grilleurs d’arachides. A la récupération des biens du patrimoine bâti public. Le tout, à un rythme frénétique imposé par les contraintes d’une transition que les acteurs socio-politiques voudraient la plus courte possible.

Le changement de paradigme dans la gestion de la cité est patent, depuis l’avènement de la junte au pouvoir. Cela se perçoit par le rôle d’acteur de premier plan dévolu dorénavant à la justice dans un pays, où cette institution était considérée comme la cinquième roue du carrosse.

Le colonel Mamadi Doumbouya voudrait ainsi joindre l’acte à la parole, après avoir promis de faire de la justice la boussole de sa gouvernance. Même si les contempteurs du CNRD, dont le nombre a grossi ces derniers temps, parlent de pari brisé.

Ce pessimisme digne de Maupassant, ils le justifient par certains actes « impopulaires » posés par les autorités de la transition, notamment dans le cadre de l’opération de récupération des biens de l’État. Une opération qui vise plusieurs citoyens, dont deux des principaux leaders politiques. En l’occurrence Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré.

Il n’en fallait pas plus pour susciter l’ire de ces personnalités ainsi que leurs militants qui ont les nerfs à fleur de peau. Malgré cette levée de boucliers, la junte reste ferme sur ses arçons. Et c’est sur un ton empreint de fermeté que le colonel Sadiba Coulibaly, CEMA, a réitéré la détermination du CNRD, à mener cette opération de récupération des biens de l’État, jusqu’au bout. Au cours d’une réunion à laquelle certains acteurs politiques avaient été conviés, lundi dernier, au camp Samory Touré.

C’est dans la même dynamique que le procureur général M. Charles Wright a annoncé des poursuites contre plusieurs anciens dignitaires des régimes défunts, pour des présumées spoliations de biens immobiliers de l’État.

Sur cette longue liste, figurent bien évidemment les deux anciens Premiers ministres Cellou et Sidya. Qui auront là une occasion en or, pour se défendre et démontrer à la face du monde que leurs résidences ont été acquises dans les règles de l’art.

Dans cette traque aux biens mal acquis, les dossiers affluent sur les bureaux de la CRIEF et des Tribunaux de première instance du pays. C’est ainsi que ce mardi, deux anciens ministres d’Alpha Condé ont été inculpés « pour détournement de deniers publics, blanchiment d’argent, corruption et complicité ».

Rattrapés par l’affaire « Nabayagate », ce présumé détournement de plusieurs milliards de nos francs, Ismaël Dioubaté et Tibou Kamara, devront ainsi répondre en l’absence de la principale concernée, Zenab Dramé, en séjour à l’étranger.

A cette allure, le CNRD donne l’impression de vouloir inculquer les vertus d’une gestion spartiate, aux commis chargés de la gestion de la chose publique. Rien à voir avec l’ère des hédonistes.

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