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Transition en Guinée : Le droit de savoir.

Le premier président des États-Unis d’Amérique indépendants, George Washington disait qu’un pouvoir arbitraire est très facilement établi sur les ruines d’une liberté malmenée par le désordre. En effet, la Junte guinéenne, conduite par le colonel Mamadi Doumbouya a délivré le peuple des mains étouffantes du potentat octogénaire Alpha Condé, ancien Président de la République. Elle est intervenue à temps, car autrement les Guinéens se seraient retrouvés sans libertés et entièrement dépossédés de toutes leurs richesses par un groupuscule de prédateurs.

Toutefois, après les promesses d’un retour à la normalité constitutionnelle faites par la Junte, s’interpose à présent un nuage épais de ténèbres entre les Guinéens et leur devenir politique. La Junte entretient volontairement le flou sur le calendrier de sortie de l’état d’exception, comme si son ambitieux et légitime programme de réformes de l’État était incompatible avec une sortie programmée de la crise actuelle.

De l’espoir, nait le doute à présent. Car, personne à l’exception d’elle-même et de son Créateur, ne connaît les intentions réelles de la Junte. Pourtant, le peuple a le droit de savoir où on le conduit. Le peuple, ce grand alibi pour lequel chacun prétend agir ne doit pas être tenu dans l’ignorance de ce que ses gouvernants lui réservent. Un peuple ne vit pas de surprise. Il vit de prévisibilité. Pendant combien de temps la Junte va t-elle le maintenir dans l’ignorance de son destin politique immédiat et futur ? Telle est la « question pour un champion » qui attend toujours sa réponse.

Incontestablement, la grosse erreur de la Junte est de vouloir déconnecter le délai de transmission du pouvoir des réformes à mener. Pour elle, donner maintenant un délai c’est se tirer une balle dans les pieds. C’est s’obliger à conduire la Transition dans cette échéance. Or, cette posture est intenable. Elle fait nourrir le doute sur les intentions de la Junte. Au fond, le temps des réformes n’est pas incompatible avec le délai de sortie de l’état d’exception. Un délai consiste autrement à se mettre la pression pour mener rapidement l’ensemble des réformes projetées, ou tout au moins réussir à réaliser la majorité d’entre elles.

De toute façon, la Junte doit être consciente que ni elle ni un gouvernement civil ne peut mener dans le temps qui lui est imparti, l’ensemble des réformes dont un État a besoin. Les réformes sont continuelles et sont une opération de longue haleine. L’Amérique n’a pas été seulement construite par Georges Washington. Il a fallu bien d’autres pour continuer l’oeuvre des pères fondateurs.

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