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TPI Kaloum : des ressortissants turcs jugés pour transport international de cocaïne

Ils sont au total cinq (5) prévenus qui ont comparu ce mardi 10 janvier 2023 au tribunal de première instance de Kaloum. Ce sont Eymen Yildiz, Nihat Sural, Irfan Turunc, Deniz Dogru, Yusuf Uzunyigit. Ils sont poursuivis et accusés par l’Etat guinéen représenté dans cette affaire par l’agent judiciaire de l’État de détention, importation et transport international de drogues à haut risque.
À la barre, les accusés n’ont pas reconnu les faits qui leur sont reprochés. Ils soutiennent tous que depuis qu’il ont été arrêtés et conduits à la maison centrale ils n’ont pas eu la chance de s’exprimer comme ils ne comprennent pas français.  Dans quelle circonstance avez-vous été arrêtés ?
En réponse à cette question, c’est Deniz Dogru qui s’est exprimé le premier. «  Je suis pêcheur et je travaille au Port de Lycie, une ville en Turquie. J’ai été contacté par un ami qui connaît le propriétaire d’un navire qui m’a dit qu’il y a un voyage à effectuer. Arrivé, il m’a dit que le propriétaire du navire leur a donné un colis de déposer à tel endroit et rien d’autre. Et j’ai été, mais depuis le début, notre bateau était en panne. C’était mentionné dans le document du voyage qu’on parte au Maroc.
On a traversé certaines zones comme la Tunisie et comme la machine était un peu endommagé pendant l’hivernage, nous avons emprunté cette voie. C’est le patron du navire qui nous a appelés de changer de trajet et prendre la voie du Nigeria. Moi j’ai été réticent mais on suivait les instructions du patron. En chemin, notre bateau est tombé en panne. On a  appelé un navire sénégalais qui a demandé 30mille dollars pour la réparation. On n’avait  pas ça. On a  fait 3 jours en mer.
C’est là-bas les patrouilles sont venues. Elles nous ont arrêtés mais on avait rien. C’était proche de la côte guinéenne donc c’était normal que les autorités nous interpellent pour vérifier ce qu’on transportait. Pendant l’arrestation ils ont pris des photos et vidéos. Ils peuvent les montrer. Je ne sais pas comment et d’où viennent ces produits« , a-t-il expliqué.
À son tour, Jusuf Uzunyigit capitaine du bateau, et deux autres se sont inscrits dans la même logique que leur co-détenu. Ils avancent également qu’ils suivaient les ordres du propriétaire du navire.  Pendant les débats, l’avocat de la défense Me Mountaga Kobélé Keita, a demandé à ses clients pourquoi ils se sont retrouvés sur la côte guinéenne.
C’est là que le capitaine du navire Yusuf déclare que les autorités leur ont soutiré de l’argent puisqu’ils n’ont pas donné, on les a orientés vers la Guinée.
Poursuivant, l’avocat de la défense a fait une remarque comme quoi « la partie civile a fait une poursuite fantaisiste puisqu’elle brille toujours  par son absence« .
Pour lui, garder ses clients de façon injuste, c’est leur créer du tort. Il dit que que c’est devenu une habitude de garder sans motif. Il demande ainsi la liberté provisoire de ses clients.
« Les accusés ont fait comprendre au tribunal que les faits articulés à leur endroit ne sont pas constitutifs du délit de trafic international de cocaïne. Puisque le parquet même est incapable de démontrer que l’infraction qu’on leur reproche mérite d’être élucidée. Donc, le parquet n’a pas apporté des preuves pour faire asseoir la conviction du tribunal.
C’est vrai que l’initiative de cette poursuite vient du ministère public mais toujours est-il que la partie civile a un avocat au compte de l’Agent judiciaire de l’État. Il y a eu une première audience où l’avocat de la partie civile était présent et après cette audience, il a toujours brillé de son absence.
Ce qui veut dire qu’il n’accorde pas de l’importance à ce dossier. Sinon, s’ils savent que les faits sont constants, ils auraient dû venir. S’ils ne sont pas là, c’est de façon fantaisiste qu’ils ont initié cette procédure« , a-t-il dit.
Par ailleurs, Me Kobélé reste convaincu que « dans le secret de délibération du tribunal, le droit sera dit, et le tribunal va se prononcer à l’acquittement pure et simple de mes clients. Parce que nous sommes en matière criminelle, si les faits ne sont pas constitutifs, le tribunal ne doit pas hésiter de rendre la décision en leur faveur« .
À la fin de l’audience, le tribunal a rejeté la demande de mise en liberté des prévenus et renvoie le dossier au 24 janvier pour la suite des débats.
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