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TPI de Kankan : avant de partir en vacances, le procureur parle des dossiers criminels

C’est bientôt les vacances judiciaires. Et depuis l’ouverture des audiences criminelles dans les différents tribunaux du pays en janvier dernier, le Tribunal de Première Instance  de Kankan a enregistré plusieurs dossiers. Si certains ont déjà connu leur épilogue, plusieurs autres restent encore en délibéré.

Notre correspondant s’est entretenu ce mercredi 27 juillet 2022 avec le procureur de la République, Daouda Diomandé. Dans cet entretien, il a livré les statistiques concernant toutes les affaires criminelles déjà traitées ou en cours de traitement au sein de cette juridiction.  Entretien

Guineenews : bonjour monsieur le procureur. Nous sommes à quelques jours des vacances judiciaires. Depuis la reprise des activités en début de l’année à aujourd’hui, quelles sont les statistiques actuelles notamment concernant les dossiers criminels ?

Daouda Diomandé : effectivement, nous tendons vers les vacances judiciaires qui débuteront exactement à partir du 1er août. Mais je tiens à préciser que cela ne veut pas dire qu’il y aura du vide dans les tribunaux. On a prévu que certains magistrats restent sur place pour assurer la permanance. Alors en ce qui concerne les statistiques des dossiers criminels, depuis janvier 2022 jusqu’à ce mois de juillet, nous avons commencé les audiences criminelles.

A Kankan à compter du mois d’avril, nous avons pu enrôler 19 dossiers criminels parmi lesquels certains sont venus de Mandiana que nous jugeons ici. Et sur les 19 dossiers criminels, nous avons vidé 6 dossiers c’est-à-dire  les dossiers dans lesquels la décision a été rendue et à date, il nous reste encore 4 dossiers criminels qui sont mis en délibéré. Et les dossiers criminels dans lesquels la décision est rendue sont au nombre de 9. Donc, on peut en déduire qu’au  tribunal de première instance de Kankan, il  y a assez d’affaires criminelles que nous avons sous la main.

Guineenews : toutes ces affaires criminelles, concernentelles uniquement que des adultes ou aussi des mineurs ?

Daouda Diomandé : au fait, nous avons un juge pour enfant ici au sein de notre tribunal. Il y a aussi des dossiers concernant les mineurs. En tout, nous en avons 4 enrôlés. Les audiences criminelles de ces 4 dossiers ont eu lieu en chambre du conseil et les décisions ont été rendues. A date, les dossiers concernant les mineurs mis en délibérés, il y en a 4 et ceux se trouvant au niveau du juge d’instruction, sont aussi au nombre de 4.  Le juge pour enfants devrait les faire programmer avant d’aller en vacances.

Guineenews : en termes de criminalité, dans la région de Kankan, on entend beaucoup parler de viol. Alors aujourd’hui parmi ces 19 dossiers que vous avez sous la main, il y a combien de cas de viols et estce que certains ont connu leur verdict ?

Daouda Diomandé : parmi ces dossiers criminels, il y a assez de dossiers concernant les cas de viol. En guise d’exemple, pour les cas dans lesquels les décisions ont déjà été rendues, il y a le dossier concernant 4 accusés de viol collectif. La semaine passée, nous avons rendu la décision dans ce dossier. Il s’agit du dossier de Sékou Bayo, Mamadi Doumbouya, Bangaly Fodéba Oularé et Balla Sacko.

Parmi, ces 4 accusés, il y avait deux à la barre et les deux autres sont en fuite. Après tous les débats,  Sékou Bayo et Mamadi Doumbouya ont été condamnés respectivement à 10 ans de réclusion criminelle et 20 ans de réclusion criminelle pour Balla Sacko et  Bangaly Fodéba Oularé. Un mandat d’arrêt a été décerné contre les deux qui sont en fuite. C’est un viol qui a été perpétré par un groupe à Mandiana lors d’une soirée et les 2 accusés arrêtés,  à la barre, ont reconnu les faits.

Guineenews : monsieur le procureur, il y a eu aussi beaucoup d’affaires d’homicides qui ont été enregistrées ces derniers temps dans la zone de Kankan

Daouda Diomandé : oui, il y a aussi des dossiers concernant des coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner notamment le dossier de Salif Kaboré, un ressortissant Burkinabé. Il a donné la mort à un de ses concitoyens dans les mines de Mandiana.

Il a été condmané à trois (3) ans de réclusion criminelle. Il y a aussi Siaka Diabaté pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. Il a été condamné à 5 ans de réclusion criminelle, c’est pour dire qu’au TPI de Kankan, les affaires criminelles sont en cours et les débats se poursuivent. Les dossiers mis en délibéré seront vidés avant que les magistrats n’aillent en vacances judiciaires.

Guineenews : depuis votre prise de fonction à la tête du parquet de première instance de Kankan,  quel constat personnel ? 

Daouda Diomandé : ce que nous avons constaté depuis notre arrivée par rapport aux affaires criminelles, c’est qu’il y a beaucoup de problèmes concernant d’affaire de viol à Kankan et ce qui est vraiment déplorable c’est que ce sont des viols commis par des mineurs sur des mineurs. Ces cas de viol sont vraiment récurrents et  à Kankan et dans les autres préfectures de la région. Sur les 100% des affaires que nous recevons, 80% surtout celles en provenance de Mandiana qui est une zone minière par excellence et qui regorge des personnes qui viennent de partout, sont des dossiers concernant le viol.

A Kankan aussi, ce sont les affaires de viol de mineurs sur mineures qui nous pendaient au niveau de tribunal pour enfant. En guise d’exemple, si vous en avez encore bonne mémoire, il y a des mineurs qui ont agressé une femme mariée dans les eaux du fleuve Milo. Il y a aussi ce dossier concernant cette fillette qui a été violée et étranglée par son demi-frère.  Ce dossier est à terme de procédure en ce moment. L’ordonnance a été rendue par le juge et le dossier est prêt à être jugé.

Guineenews : d’aucuns pensent que si le phénomène de viol perdure à Kankan, cela serait dû à la flexibilité des décisions judiciaires qui sont rendues. Qu’en dites-vous ?   

Daouda Diomandé : je peux vous assurer que tout ce qui concerne les cas de viol, nous sommes intransigeants. S’ils s’avèrent que les faits reprochés aux accusés sont établis, nous ne tergiversons pas. Ils sont condamnés conformément à la loi. Je vous rappelle encore que certains accusés viennent de prendre 10 à 20 ans de réclusion criminelle. Donc soyez sans crainte, nous appliquons la loi pour dissuader les éventuels candidats au crime.

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