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Taxi en route : voyage ou déménagement ?

Un responsable d’agence aérienne nous a dit un jour que : « l’africain ne voyage pas, il déménage. »  C’était au cours d’un entretien portant sur la tendance qu’ont les voyageurs à s’encombrer de beaucoup de bagages, au cours de leurs déplacements. Un comportement qui se vérifie dans tous les segments du transport routier, qu’il soit en commun de personnes ou de marchandises. Cette tradition est en train de se perpétuer.

C’est ainsi qu’à ce jour, même les motos sont mises à contribution, au vu de certains chargements qu’on les voit transporter en même temps que leur propriétaire. Chaque voyageur, surtout les femmes, donne l’impression de vouloir tout emporter avec soi, d’une traite.

Le jour de cet entretien dont nous avons fait mention, tout au début de ce texte, la formule utilisée par notre interlocuteur nous avait interloquée voire même choquée. Le propos nous a semblé, à la limite, blessant, ironique, condescendant ou paternaliste. Mais, il s’était vite repris pour nous dire qu’il le tenait lui-même du monde aéroportuaire dans lequel il évoluait. En l’utilisant, dira-t-il, son intention est juste de nous faire comprendre qu’on peut facilement transposer au secteur aérien ce que l’on voit dans celui routier. Une parfaite analogie existe entre les deux.

Nous étions à la fin des années 80, au moment où les vols aériens étaient encore assez réguliers et couvraient jusqu’aux régions de l’intérieur. Dans ce secteur aussi, on notait une tendance à faire du trop-plein de bagages, une habitude chez beaucoup de passagers (ères). Et cela, malgré que le phénomène soit assujetti au paiement de montants pour excédents. Cela ne parvenait pas à dissuader grand monde.

C’est ainsi, qu’en plus des bagages ordinaires qui étaient présentés au comptoir, on voyait s’ajouter des foultitudes d’objets que nous n’allons pas énumérer ici. Des objets variés, hétéroclites et quelquefois même assez bizarres et inattendus, pour certains : poudres, pâtes, grains, huiles, mixtures, etc. C’est à croire qu’au-delà des emplettes pour le quotidien, on pense à faire cadeau à chaque ami ou membre de la famille.

Tout cela a contribué à attirer l’attention des autorités aéroportuaires de l’époque qui faisaient de la sûreté et de la sécurité aérienne, une priorité de premier ordre.

Ainsi est née la formule ‘’ l’africain ne voyage pas, il déménage’’ qu’on nous a attribuée à cette époque, vu que c’est seulement chez nous (sous-région et continent compris) que cette pratique a cours ou est tolérée.

Et nous pensons bien que l’image ici affichée en est une des parfaites illustrations qui continuent de s’offrir à notre regard, dans le domaine routier.

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