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Simandou : le Consortium Winning a renvoyé ses 15 000 employés, faute d’accord avec le gouvernement.

Le Consortium Winning Simandou WCS a mis en chômage technique ses 11 700 employés guinéens et 3.700 employés chinois, a-t-on appris de bonnes sources. La décision a été notifiée à tous les employés. Cette décision extrême fait suite à l’arrêt de tous les  travaux sur le projet Simandou, le plus grand et le plus riche gisement de fer du monde, ordonné le 3 juillet dernier par le ministre des mines Moussa Magassouba.

Les discussions entre WCS, Rio Tinto achoppent avec le gouvernement guinéen, qui tient à détenir 15% de parts gratuites dans une coentreprise, qui doit réaliser les infrastructures ferroviaires et portuaires, qui doivent servir à acheminer en 2024 le minerai de fer. Cette nouvelle exigence du gouvernement guinéen est venue alors que le Consortium Winning avait déjà bouclé son plan de levée de fonds, et avait conclu des accords contraignants avec les futurs acheteurs, qui préfinancent une partie du projet, apprend-on.

Selon nos informations, ces opérations financières ont permis à WCS  de réaliser, en 13 mois d’activités 60% du port de service de Moribaya, acheter des pylônes, creuser 4 tunnels pour la future voie ferrée, faire presque la moitié d’un tunnel de 11 km, commander les rails, des barges, etc..

Une décision gouvernementale qui sidère !

La décision des autorités de Conakry d’arrêter subitement le projet Simandou est insolite. Selon plusieurs experts miniers, il aurait été mieux de laisser WCS réaliser les infrastructures et démarrer l’exploitation. Quitte à  instaurer une taxe spéciale plus tard, qui pourrait équivaloir aux retombées des 15% de parts gratuites. Faut-il rappeler que la taxe spéciale minière, qui avait été instaurée par l’ancien président Ahmed Sekou Touré, avait été supprimée par l’ancien ministre des mines de Lansana Conté, Jean Traoré, sans que personne ne sût les raisons.

En attendant, tous s’accordent à dire aujour’hui que l’arrêt des travaux du Simandou ne profite qu’à Rio Tinto, qui n’a qu’environ  150 employés en Guinée et qui n’a aucun intérêt qu’une exploitation rapide du gisement guinéen, ne vienne baisser les cours du minérai de fer et effriter les bénéfices colossaux qu’il engrange depuis qu’il a débuté l’exploitation de la  nouvelle mine de fer Silvergrass en Australie.

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