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Siguiri: la vente d’alcool frelaté, un business juteux pour les tenanciers de maquis

La vente des bières frelatées dans les bars à Siguiri, préfecture de la Haute Guinée est devenue un business fructueux pour les tenanciers de maquis. Même si ce commerce d’alcool frelaté s’avère dangereux pour la santé des consommateurs. Guinéenews vous plonge dans cette situation qui aurait  déjà fait plusieurs morts dans cette zone aurifère.
La préfecture de Siguiri regorge de plus de deux mille lieux de loisirs qui sont les coins les plus fréquentés, surtout quand il fait nuit dans la zone. Dès 19 heures, ils sont nombreux, ces jeunes qui se pressent vers le quartier de Saint-Alexis, dans la commune urbaine ou à Bembéta dans la commune rurale de DOKO et même à Sétiguiya ou Boukaria, dans la commune rurale de Kintinian, pour se recréer.
Au cours de nos investigations dans ces différents lieux de loisirs, nous avons constaté que la consommation de bières frelatées est récurrente. Parmi ces boissons alcoolisées, nous avons dénombré certaines marques dont : KAMA, BLACK COMMANDO, CASTRO, BETTER COLA, GIN COLA, MARTENS… pour ne citer que ces qualités qui proviennent de la Sierra Leone, de la Guinée-Bissau et même du Mali.
A NORASSOBA, nous nous sommes rendus dans un bar où la tenancière vendait cette bière de marque CASTRO à un prix défiant toute concurrence. C’est-à-dire la bouteille à 5.000 fg, alors que cette bière importée se vendrait à 8.000. Fg.
Cette même pratique se déroulait en plein air dans le quartier Saint-Alexis, dans la commune urbaine de Siguiri.
Lorsque nous avons posé la question à la tenancière de NORASSOBA sur la chute du prix de cette bière, S. T nous a répondu : « c’est le temps de la promo. Et les patrons nous ont dit de vendre à ce prix. » Mais la vérité serait toute autre.
Sous anonymat, un agent du service des contrôles de qualité qui est à la retraite nous raconte une anecdote. « Un jour, nous avons pris des bières frelatées dans un bar, nous avons embarqué pour aller les brûler. Lorsque nous avons transporté le stock au dépotoir, une importante quantité avait disparu. Mais c’est un système difficile à comprendre et à freiner. Vous savez, les consommateurs de boissons alcoolisées dans la plupart des cas ne regardent pas la date de péremption ni la qualité.»
Ce qui rend ce business fructueux chez les tenanciers, c’est le fait qu’après chaque vente, ils obtiennent le double du prix d’achat. C’est-à-dire si un casier est acheté à 150.000 fg, ils obtiennent 300.000 fg après l’opération.
Selon Mamadou Saliou Sangaré, le chef section de l’office contrôle et qualité de Siguiri, des dispositions seraient en train d’être prises afin de débarrasser la préfecture de Siguiri de ces bières frelatées.
« Nous venons d’arriver mais, une lutte farouche est engagée contre les produits impropres à la consommation, notamment le cas des bières frelatées. C’est pourquoi lors des incinérations, vous constatez la présence de plusieurs qualités de bières frelatées. Et nous continuerons à mener une campagne à cet effet », a-t-il promis.
Ce business fructueux est identique à celui des faux médicaments qui font assez de victimes dans la préfecture de Siguiri. Car chaque année, plus de 6 personnes meurent des suites de consommation de bière frelatée, selon une source médicale.
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