
Et si célébrer l’indépendance, c’était aussi apprendre à regarder son histoire en face ? À la veille du 68e anniversaire de l’indépendance, le Musée national de Guinée a ouvert ses portes à 650 jeunes venus des dix régions administratives, pour une immersion au cœur de la mémoire et du patrimoine du pays.
L’initiative, présidée par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, entend rapprocher la jeunesse de ce patrimoine souvent méconnu. Pour cette première étape, 130 jeunes ont bénéficié d’une visite guidée des collections du Musée national.
Livres anciens, documents d’archives, photographies historiques, objets traditionnels et images d’époque ont composé ce voyage dans le temps. La Bibliothèque nationale a notamment présenté des ouvrages remontant aux XVIIIe et XIXe siècles. Les Archives nationales ont exposé des documents liés à l’accession de la Guinée à l’indépendance, dont une copie de la première Constitution. L’Institut national audiovisuel a, lui, replongé les visiteurs dans les images de la marche vers la souveraineté.
Pour Moussa Moïse Sylla, le Musée national est « la mémoire de la nation ». Le ministre a invité les jeunes à percevoir, derrière chaque masque, tambour ou outil traditionnel, les savoirs et les récits qui ont façonné les communautés guinéennes.
Mais la mémoire n’est pas seulement tournée vers le passé. Tourisme, artisanat, industries culturelles et créatives, création numérique et conservation : le patrimoine peut également ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles à la jeunesse.
Une conviction partagée par Fodé Bangoura, représentant du Conseil national des jeunes de Guinée, qui voit dans cette immersion une occasion de renouer avec les grandes figures et les événements fondateurs du récit national. Comme pour dire que l’histoire, au-delà de se raconter dans les livres, devrait également se regarder, se toucher et se transmettre.

