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Santé/Labé : Seulement 10 des 42 cliniques en activités sont en règle (DPS)

C’est un secret de polichinelle. La préfecture de Labé est envahie par des mouroirs communément appelés cliniques. En plus d’être dans un environnement qui ne répond le plus souvent à aucun critère sanitaire, ces habitations transformées en structure sanitaires ne disposent également pas d’autorisation d’exercer. Sur un total de quarante deux (42) cliniques recensées dans la préfecture de Labé seulement dix (10) seraient en règle, selon la direction préfectorale de la santé (DPS) qui a visiblement du mal à gérer ce problème.

« On avait organisé une sortie avec le préfet tout en demandant à tous les responsables de clinique de se présenter avec leurs documents. C’est dans cet exercice qu’on a compris  que c’est seulement 10 cliniques sur 42 qui sont en règle dans la préfecture de Labé. Le reste c’est des cliniques qui ont quelques documents ou qui n’en ont pas du tout. A la suite, le préfet a dit qu’ils n’ont plus le droit d’exercer tant qu’ils n’auront pas la totalité des autorisations » rapporte docteur Mamadou Hady Diallo, le DPS de Labé.

Par contre, cette décision du préfet semble être restée lettre morte car l’ensemble de ces 42 cliniques continuent d’exercer à plein régime. La première conséquence de ce laisser-aller c’est la multiplication des erreurs médicales qui coûtent la vie à des dizaines de patients. Rien qu’en cette année 2021 au moins deux cliniques ont temporairement été fermées par la direction préfectorale de la santé suite à des erreurs médicales qui ont abouti à la mort de deux patients.

« Mais vous savez, il y a plusieurs catégories de cliniques. Il y a des cabinets de soins qui normalement doivent être tenus par les infirmiers et c’est  exclusivement pour soigner des plaies, faire des pansements mais pas d’opération. Il y a ensuite des cliniques médicales ; là aussi il s’agit de simple clinique mais sans la moindre intervention chirurgicale. A ce niveau il s’agit de la médecine générale, et parfois des hospitalisations. Il y a encore des cliniques médico-chirurgicales, celles-ci sont habilitées à faire de la médecine générale mais aussi à procéder à des interventions chirurgicales. Il y a aussi des cliniques gynéco-obstétricales exclusivement pour les femmes. Il y a également les cliniques associatives qui sont généralement semi-privées qui ont souvent des contrats avec l’État », explique le DPS de Labé.

A ce niveau, la DPS a du mal à faire la part des choses car les structures sanitaires en question ne respectent vraisemblablement pas les clauses des agréments. « A Labé, les cliniques médicales et les cabinets de soins sont les plus nombreux. Par contre ici à Labé, c’est seulement 5 cliniques qui ont des autorisations pour des interventions chirurgicales. Mais pratiquement, tout le monde se lance dans la chose et ça crée énormément de problèmes. Le souci est que beaucoup d’entre eux déclarent au départ des ONG avec un agrément national, régional ou préfectoral avant de basculer en clinique », regrette-t-il.

Selon lui également, son service n’a aucun moins de répression en dehors de la fermeture temporaire des cliniques. «Vous savez, il y a plusieurs aspects. Partout où un décès survient même à l’hôpital régional on procède à un audit du décès ; on fait l’audit même des décès maternels qu’on appelle la revue des décès maternels. Ce n’est pas pour culpabiliser quelqu’un mais plutôt pour chercher des solutions pouvant prévenir cela à l’avenir car il y a des décès qu’on appelle des décès évitables. Il y a aussi des décès inévitables. Partout, il y a décès nous on fait le rapport d’investigation. Nous, on peut fermer les cliniques qui ne sont pas en règle ou qui font des erreurs mais c’est à la préfecture de nous accompagner dans la régularisation de cette situation. Les forces coercitives, c’est la préfecture. Il faut qu’on se donne les mains » insiste docteur Hady Diallo.

En plus de cela, de nos jours, toutes les écoles de santé de Labé disposent de clinique d’expérimentation qui est finalement transformée en clinique médicale. Aux dernières nouvelles, les autorités administratives de Labé promettent de sévir pour mettre fin à cette anarchie qui n’a que trop durée.

A suivre

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