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Santé/Labé : La contraception hormonale, une option privilégiée des jeunes filles ?

En ce 21éme siècle où le monde est devenu un village planétaire, les cultures, les coutumes et les mœurs de différentes civilisations se métissent, mélangent et voire se naturalisent. C’est ainsi, que des pratiques qui étaient jusque-là très rares au Foutah Djallon en général et à Labé ont pris de l’ampleur. C’est le cas des planifications familiales. Une méthode de contraception qui battaient de l’aile dans plusieurs foyers mais qui, subitement, explose au niveau des jeunes filles/femmes, a constaté Guineenews.

Contrairement à plusieurs femmes aux foyers qui ont du mal à avoir le consentement de leur époux sur ce sujet d’espacement des naissances, les jeunes filles dont en grande partie des mineurs décident de prendre leur destin en main. C’est ainsi, que celles-ci, en grande majorité, optent pour la contraception hormonale pour éviter des surprises désagréables comme les grossesses précoces ou non désirées. Avec ou sans le consentement parental, ces adolescentes font recours à cette pratique dans un anonymat total.

Les statistiques obtenues par Guinéenews au niveau du siège local de l’Association Guinéenne pour le bien-être familial (AGBEF) démontrent à suffisance l’intérêt que les jeunes filles ont de nos jours pour la planification familiale. Si, de par le passé, il était rare voir impossible de voir des jeunes filles de moins de 18 ans faire recours à cette opération, de nos jours elles se comptent en centaine rien qu’au niveau des cabines de cette association de bien-être familial.

Pour ce qui est des statistiques disponibles à date, c’est-à-dire, du 1er janvier au 30 septembre 2021, l’AGBEF de Labé a enregistré un total de 1 624 clientes dont 541 sont des jeunes filles de 15 à 24 ans et les 1 083 autres, de 25 ans et plus. Des chiffres, selon les spécialistes en nette croissance pour ce qui est surtout des jeunes filles dont les motivations varient d’une personne à l’autre.

« J’ai connu plusieurs copines qui ont contracté des grossesses non désirées et qui soit, décident de garder le bébé avec toute la stigmatisation possible ou soit avortée avec les risques que vous connaissez certainement. Donc, c’est pour éviter tout cela car on ne sait jamais comment et quand ça peut venir. J’ai personnellement opté pour la planification familiale. Avec ça, j’ai moins de chance de tomber enceinte et de me retrouver dans une situation inconfortable », a laissé entendre en bon pular une fille d’à peine 17 ans qui a requis l’anonymat.

Très souvent, le milieu et la compagnie sont les principaux vecteurs de la montée en flèche de l’opération chez les jeunes filles. C’est le cas de cette autre qui semble avoir trouvé le salut dans la planification familiale.  « Au fait, ce sont mes copines qui m’ont conseillée de le faire car elles n’ont pas trouvé mieux. Et j’avoue que c’est pratique », renchérit cette autre qui n’a pas voulu donner plus de détails sur les avantages qu’elle a trouvé dans la planification familiale.

Revenant à la charge, notre première interlocutrice parle des méthodes et des coups réclamés par son médecin traitant. « Ça varie et ça dépend du client. Donc, on te demande de choisir entre plusieurs méthodes et derrière tu paies 200, 300 et parfois 500 000 GNF. L’avantage est que tu peux enlever quand tu voudras sans effet secondaire », ajoute-t-elle.

Complications ou effets secondaires, il y en a bien évidemment avec ce genre de contraception hormonale. Un risque méconnu par la quasi-totalité des jeunes filles qui se lancent dans la chose sans en mesurer les conséquences.

Interpellé par la rédaction régionale de votre quotidien électronique Guinéenews, docteur Mamadou Cellou Diallo, le responsable de la clinique SEPT de Labé a été très évasif sur la question.

 « Lorsque l’on prend la contraception, c’est en quelque sorte un moyen qui permet aux jeunes filles en âge de procréation de limiter ou d’espacer les grossesses. Pour pouvoir faire ça, il faut faire appel à des produits, des médicaments. Certains médicaments agissent au niveau des hormones pour entraîner une modification pour empêcher une ovulation. Alors, tout comme les autres médicaments, ce sont des produits qui peuvent avoir des effets secondaires. Normalement, avant d’être sous contraception, il faut aller chez un spécialiste afin qu’il puisse t’expliquer les différents moyens de contraception qui existent. Et en fonction de la personne, en fonction de son âge aussi lui faire des propositions par rapport à la méthode la plus sûre », entame docteur Cellou.

Et de poursuivre : « les méthodes contraceptives sont nombreuses. Il y a la pilule qui est généralement utilisée par les jeunes filles parce qu’elles sont capables de la faire à la maison sans l’aide d’une autre personne même à l’achat. Mais ces pilules entraînent des modifications hormonales qui peuvent avoir d’autres risques parmi lesquels ont peut avoir une perturbation du cycle menstruel.

De l’autre côté, il y a des méthodes telles que les préservatifs que d’ailleurs je juge être très utiles chez les jeunes filles parce que c’est une méthode mécanique et physique qui les empêchent non seulement d’avoir une grossesse non désirée mais ça les protège également contre les maladies sexuellement transmissibles ».

Le docteur Mamadou Cellou Diallo évoque aussi d’autres effets secondaires pouvant surgir. « On peut assister également chez certains à un surpoids c’est-à-dire une obésité qui s’installe au fur et à mesure que la personne suive le régime de contraception en dehors du préservatif. Il y a également chez les personnes ayant un âge très avancé, à l’approche de la ménopause mais qui prennent des estrogènes, il y a des risques de cancer du sein chez eux. Mais ce n’est pas fréquent chez les jeunes filles. Donc, en quelque sorte, comme tous les autres médicaments, les contraceptions hormonales peuvent avoir des complications ou des effets secondaires chez les filles », ajoute le spécialiste.

Il faut signaler qu’en dehors de l’AGBEF, nombreux sont les structures sanitaires et médecins particuliers qui proposent aux nécessiteuses des méthodes de contraception hormonales.

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