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Sanctions de la Cédéao : la Guinée s’en tire les braies nettes (Éditorial)

La conférence des chefs d’Etat de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) s’est achevée samedi dernier, sur fond de recommandations fortes, faites aux putschistes des trois États, mis au ban de l’organisation régionale, opposée à toute prise de pouvoir par la force. La Guinée s’en tire donc les braies nettes, après avoir senti, censément le vent du boulet.

Le sommet des chefs d’État de la Cédéao vient de déjouer les pronostics, pour la énième fois sur le déploiement de ses sanctions contre la junte guinéenne. Une junte que l’organisation régionale n’a cessé de porter au pilori, ces dernières semaines, pour son chronogramme de 36 mois, qualifié d’irréaliste par le mandarinat. Cette pression présageait déjà une issue « fatale » pour les autorités de la transition. Mais voilà qu’à l’arrivée notre pays a pu échapper au courroux de la conférence des chefs d’Etat de la Cédéao. Qui en lieu et place de sanctions, tant serinées par les Cassandres, a notifié une série de recommandations aux autorités guinéennes.  C’est le cas notamment de ‘’la finalisation d’un chronogramme de transition acceptable ; la mise en place d’un cadre de dialogue approprié avec les acteurs politiques et de la société civile, afin de faire baisser la tension socio-politique et favoriser une transition pacifique’’.

Dans la même foulée, Conakry a été informé de la confirmation du Ghanéen Mohamed Ibn Chambas comme médiateur de l’institution régionale pour la Guinée.

La Conférence d’Accra n’a pas manqué de faire cas de sa vive préoccupation face ‘’à la détérioration de la situation sociopolitique dans notre pays, du fait notamment de l’absence d’un cadre de dialogue approprié entre le gouvernement et les acteurs politiques et de la société civile. Tout en restant également préoccupée par la durée de la période de transition de 36 mois annoncée par les autorités de la Guinée’’.

Certains observateurs mettent sur le compte du réalisme politique, le fait que la Cédéao ait préféré le soft power diplomatique à la méthode forte. En prenant en compte des contingences extérieures, liées à la crise internationale, aggravée par le bourbier ukrainien.

Conscients sans doute que nos populations sont complètement essorées par l’inflation provoquée par cette conjoncture internationale. Le panier de la ménagère étant quasiment dégarni, aussi bien à Bamako, Conakry ou Ouagadougou. Quel est le bénéfice dont tirerait la Cédéao, en rajoutant à cette galère, par un chapelet de sanctions ? Cette question a dû certainement s’inviter à la table de discussions de ces dirigeants, dont il faut saluer l’esprit de discernement.

Maintenant que la tempête est pour le moment passée, il revient au gouvernement guinéen de saisir cette planche du salut pour lâcher à son tour du lest. En prenant en compte les recommandations formulées par la conférence des chefs d’État.

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