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Rizerie de Beyla : quand le retard dans le démarage irrite la population !

Il y a trois ans, l’Etat guinéen installait une usine de production de riz dans la sous-préfecture de Sinko, à Beyla, ville située au sud de la Guinée. Si cette usine avait suscité beaucoup d’espoirs chez les paysans, le retard accusé dans la production depuis son installation fait grincer des dents chez la population locale.

Installée par l’ancien régime dans le cadre de la transformation du riz paddy en riz net, avec une capacité de production de cinq (5) tonnes de riz net à l’heure, la rizerie tarde encore à démarer sa production tant attendue.

Ainsi, décidés à alimenter l’usine, les paysans de la sous-préfecture de Sinko se sont mobilisés en groupement pour, selon eux, sauver ce bijou en s‘engageant en fin à mettre en valeur culturale plus de 18 mille tonnes de riz paddy qui seraient disponibles d’ici la campagne agricole 2022.

« Si toutefois tous nos besoins que nous allons mettre dans un document appelé plan d’affaires que nous allons soumettre à l’administration dans le cadre de l’accompagnement de nos paysans en matière d’intrants, de matériels agricoles, et d’infrastructures, on pense fournir la totalité des besoins de l’unité.

Donc, c’est l’occasion pour nous de rappeler les autorités de l’impact d’employabilité de cette unité. J’espère que ce n’est pas moins de quelques centaines d’emplois directs sans compter les emplois indirects que cette unité va générer. C’est pourquoi, en tant que fils de cette localité, qu’il pleuve ou qu’il neige, nous allons faire le maximum pour la rendre opérationnelle », a martelé Moussa Camara, président d’une organisation paysanne de Sinko. Qui pense que ce serait une honte pour sa localité si rien n’est fait pour venir à bout de cette usine.

« Ça serait une honte pour la préfecture de Beyla et particulièrement pour la sous-préfecture de Sinko. Que l’Etat ait investi un tel fonds et qu’on ne soit pas en mesure de rendre opérationnelle l’usine. Nous allons relever le défi », a-t-il rassuré avant de fustiger par ailleurs l’existence d’un seul conseiller agricole pour 38 districts que regorge la sous-préfecture de Sinko.

Il invite l’Etat à mettre des magasins de stockage à la disposition des paysans afin de parer, dit-il, des pertes de production pendant les périodes de récolte.

« Dans les mois de juin, juillet, août, les productions qui se font en ce moment, vraiment, c’est dans le calvaire que les paysans travaillent. Parce qu’ils n’ont pas de magasins appropriés. Si vous allez dans ces zones de production, vous verrez que c’est dans les chambres à coucher que les gens démontent les lits pour faire leur stock. A Gbèssoba par exemple, les paysans font leur stock dans leur mosquée qui est en construction.

Donc dans cette situation, les paysans sont obligés d’accepter de perdre face à leur impuissance vis-à-vis du manque d’infrastructures. Parce que sils font la récolte pendant que la pluie est abondante, et ils n’ont pas la capacité de garder et sécher. Ils sont tenus obligés de mettre sur le marché pour les vendre à des bas prix parce qu’ils n’ont pas la capacité de conserver », a-t-il d éploré.

Moussa Kounady Camara

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