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Rencontre PM-Quatuor : le dialogue entre espoir et psychose d’une nouvelle impasse !

L’arrêt immédiat des poursuites judiciaires contre les responsables politiques et de la Société civile;  la levée du contrôle judiciaire contre les neufs leaders politiques actifs du quatuor, la suspension des expropriations, la restitution des biens confisqués en dehors des procédures judiciaires et le respect de la présomption d’innocence, la libération des prisonniers politiques et le retour paisible des dirigeants politiques en exil, la déclaration des biens des membres du CNRD et du gouvernement à leur entrée en fonction, la publication des rapports des autopsies faites sur les victimes sous le CNRD. Voilà, entre autres, les points soulevés par le quatuor comme préalables au dialogue initié par le CNRD.

 A l’analyse des points soulevés dans ce mémorandum, il n’est fait mention nulle part des préoccupations des populations guinéennes qui tirent aujourd’hui le diable par la queue, du fait de la cherté de vie. Le Quatuor demande que le dialogue soit présidé par le médiateur de la crise qu’est la CEDEAO. Ce qui signifie la mise à l’écart du Premier ministre, Dr Bernard Gomou. Celui qui, depuis sa nomination a mis le dialogue au centre de ses préoccupations, qui se bat bec et ongles pour sa réussite. D’ailleurs, le colonel Mamady Doumbouya l’entendra-t-il de cette oreille ? Pas très sûr. On demande aussi « l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires contre les responsables politiques et ceux de la société civile », même s’ils sont impliqués dans les détournements de deniers publics, l’argent du peuple. Certains de ces opposants n’avaient-ils pas applaudi en avril dernier l’interpellation et l’arrestation des anciens dignitaires du régime déchu ? Comment peuvent-ils exiger aujourd’hui leur mise en liberté ? Dans le mémorandum, il est demandé au gouvernement de publier les rapports des autopsies faites sur les victimes sous le CNRD. Autant demander aussi le rapport d’autopsie des victimes sous le RPG AEC, aujourd’hui membre de ce Quatuor !

Demander la libération des prisonniers politiques et « l’arrêt immédiat » de toutes les poursuites judiciaires, mettre de côté le Premier ministre pour faire appel à la CEDEAO n’est-il pas trop demandé au CNRD, s’interrogent certains observateurs de la scène politique guinéenne. Et la justice dans tout ça ? Le RPG AEC, la CORED, l’ANAD et le FNDC Politique ne se sont-ils pas ainsi érigés en justice ?

Un autre point important mais délicat soulevé par le Quatuor : la suspension des expropriations, la restitution des biens confisqués en dehors des procédures judiciaires et le respect de la présomption d’innocence. Cette éternelle revendication de l’UFDG et de l’UFR parait difficile d’autant plus que le bâtiment qui abritait Cellou Dalein a été démoli et a laissé la place à un édifice public (école) alors que celui de Sidya Touré abrite désormais le Bureau Guinéen des Droits d’Auteur.

Au vu de tout ce qui précède, beaucoup d’analystes du landerneau politique guinéen pensent que le dialogue sincère, le dialogue direct avec l’opposition n’est pas pour demain. Pour certains de ces observateurs, ces préalables constituent de nouveaux germes conflictogènes qui risquent de plomber la machine de dialogue sur lequel tous les Guinéens portent un immense espoir pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel dans le pays.

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