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Regain de ballet diplomatique auprès de la junte : une main de fer dans un gant de velours

La fièvre qui s’était emparée de la communauté internationale au lendemain du putsch du 05 septembre dernier, a l’air d’être retombée. Au fur et à mesure que les jours s’égrènent, les partenaires bi et multilatéraux de la Guinée semblent de plus en plus prêter une oreille attentive au discours de la junte. Même s’ils continuent de réitérer leur préférence pour une transition à grandes enjambées.

Trois mois après la prise du pouvoir par la junte, le chassé-croisé diplomatique ne s’est toujours pas estompé en direction de Conakry. L’intensité de ce ballet diplomatique prouve à suffisance que la Guinée continue d’être dans les petits papiers de la communauté internationale, qui s’échine à cocooner le gouvernement de transition, afin de favoriser un retour à l’ordre constitutionnel dans les meilleurs délais.

Le bal des visites diplomatiques a été ouvert, la semaine dernière par le sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines des États-Unis, Michael Gonzales. Ce haut fonctionnaire du département d’État a, au terme de son séjour, exhorté la classe politique guinéenne à s’accorder sur la mise en place du Conseil national de transition (CNT), dans un bref délai.

Il a au nom de son pays, appelé les Guinéens à un sursaut patriotique, pour qu’à l’unisson, ils puissent passer le cap de la transition, dans la sérénité et la paix. Pour Michael Gonzales, « plus une transition est courte, plus ses chances de réussite sont grandes ».

Le sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires africaines des États-Unis n’a pas manqué de porter à l’attention du gouvernement de transition, que son pays ne ménage aucun effort, pour accompagner la Guinée dans ce processus de transmission du pouvoir à un régime civil.

Ce fut ensuite le tour du président de la Commission de l’Union Africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat d’emboîter le pas au diplomate américain.

A la faveur d’une visite effectuée à Conakry dimanche dernier. Pour s’enquérir de la marche du processus de transition.

Cette mission de l’UA a salué les premiers pas de la junte, qu’elle a qualifiés de « positifs ».  Notamment en ce qui concerne « la nomination d’un gouvernement civil, dirigé par un Premier ministre civil, la publication de la charte de la transition, la mise en place du Conseil National de la Transition (CNT) ». Même si à ce niveau, le projet est encore en gestation.

L’UA, à travers cette mission de haut niveau se dit disposée à apporter son grain de sel dans « l’élaboration de la Constitution, la préparation des élections, en passant par le recensement ou la révision du fichier électoral ». Qui, pour Moussa Faki, constituent des phases ultimes, qui ont besoin d’un accompagnement.

Il quitte la Guinée avec la foi du charbonnier. De quoi mettre de l’eau au moulin du Cnrd.

C’est presqu’au même moment qu’une importante délégation de la Mano River Union a, elle aussi, foulé le sol guinéen, pour faire un état des lieux de la transition.

Cette mission qui est chapeautée par le ministre libérien des Affaires étrangères, Dee Maxwell Saah Kemayah, qui avait à ses côtés Mme la Secrétaire générale de la MRU et le ministre sierra léonais de la Défense, s’est à son tour engagée à « accompagner la transition guinéenne », dans la mesure du possible.

Les différents discours de ces missions diplomatiques sont arrivés à la même conclusion que la transition ne doit durer que le temps d’une rose.

Même si en leur for intérieur, elles savent que la Guinée a besoin d’un remède de cheval. Pour se relever de la décennie de radotages dans laquelle elle était plongée.

Il revient donc au colonel Mamadi Doumbouya de rassurer les partenaires de la Guinée, à travers des nouveaux signaux, tels que la mise en place imminente du CNT et la publication d’un chronogramme, censé définir la durée de la transition. Afin de ne pas donner raison à ceux qui pensent que le processus est dans les nimbes.

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