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Kankan : un dossier de drogue s’effondre devant le tribunal, 39 prévenus libérés

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Interpellées en septembre 2026 dans le cadre d’une opération de lutte contre la détention, la commercialisation et la consommation présumées de chanvre indien sous le pont Milo, à Kankan, 39 personnes ont été remises en liberté à l’issue de leur comparution devant le Tribunal de première instance (TPI) de Kankan, ce mercredi 4 novembre 2026.

À l’origine de cette affaire, une opération menée à l’initiative du procureur de la République près le TPI de Kankan, Ibrahima I Camara. Celui-ci avait annoncé l’interpellation de ces personnes dans le cadre d’une campagne visant à lutter contre la consommation et le trafic de stupéfiants dans cette zone de la ville.

Mais à l’audience de ce mercredi, les débats ont mis en évidence d’importantes insuffisances dans la constitution des dossiers de poursuite. Selon le procureur, la plupart des personnes présentées devant le tribunal n’avaient pas été interpellées en possession de chanvre indien. Aucun scellé n’avait non plus été versé aux dossiers pour matérialiser les infractions reprochées.

« Après les débats, il s’est avéré que la majeure partie de ceux qui ont comparu aujourd’hui à la barre n’ont pas été pris en possession de chanvre indien. Il n’y avait pas non plus de scellés dans les dossiers. Or, lorsqu’il n’y a pas suffisamment de preuves, le tribunal est en droit de renvoyer les personnes des fins de la poursuite », a expliqué Ibrahima I Camara.

Le magistrat a également fait observer que plusieurs prévenus présentaient des troubles apparents du comportement, tandis que d’autres étaient sans domicile fixe. Il a ainsi reconnu que les officiers de police judiciaire et les services du parquet n’étaient pas parvenus à réunir suffisamment d’éléments matériels pour soutenir les accusations portées contre eux.

Tirant les leçons de cette affaire, le procureur a annoncé un renforcement des investigations afin de retrouver les véritables acteurs du trafic de stupéfiants dans la zone.

« Nous allons rechercher les véritables auteurs, ceux qui se procurent ces stupéfiants, les transportent et viennent les vendre ici, afin d’interpeller les bonnes personnes », a-t-il assuré.

Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de mieux encadrer les prochaines opérations, notamment en veillant à ce que les interpellations soient systématiquement accompagnées d’éléments matériels susceptibles d’étayer les poursuites, en particulier les produits saisis et placés sous scellés.

Cette affaire rappelle ainsi un principe fondamental de la procédure pénale : la présomption d’innocence. Une interpellation ne saurait, à elle seule, établir la culpabilité d’une personne. Encore faut-il que les faits reprochés soient soutenus par des preuves suffisantes devant la juridiction compétente.

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