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Qui sont les recrues de Kaléa, qui les a recrutés et armés ? Silence, Toumba accuse

Qui étaient les recrues de Kaléa et qui les a recrutés ? Durant son audition à la barre, mercredi 19 octobre, l’ancien aide de camp de Moussa Dadis Camara a livré sa part de vérité. En attendant de savoir si ces recrus ont été impliqués ou non dans le massacre du 28 septembre 2009, Toumba indique qu’ils étaient des proches de Dadis. Même si au départ, il était impliqué dans le recrutement tout comme le Sékouba Konaté.

Du recrutement

« On va parler du recrutement… Quand tout était rose, on ne passait pas par la voie normale, on n’empruntait le raccourci. C’est lorsque tout est gâté, on commence à sortir les structures normales pour dire qu’il y a la Défense, qu’il y a l’État-major. Même le chef d’état-major n’osait pas parler devant lui (Marcel,ndlr) . Moi, en ma connaissance, le recrutement n’a pas suivi les critères normaux d’un recrutement. Parce que je me souviens, au temps de Conté, lorsqu’il y avait recrutement, ce sont des quotas qu’on attribuait  aux quatre régions naturelles.  Par exemple, 100 personnes pour toutes les préfectures relevant de la Basse-Guinée. C’est le même quota qui est affecté à chacune de régions naturelles. Donc, c’était un équilibre total. Mais cette fois-ci, il était question… de recruter maintenant et de muter les régiments en place. Comme Napoléon le dit: faire commander par ses propres hommes. Donc, le recrutement est parti comme ça. L’effectif exact,  je ne le connais pas. Mais tout le monde a entendu le ministre de la Défense dire que c’est 9 000 hommes. Ce qui est une disproportion par rapport à l’échelle nationale. Moi, je n’emploie pas le mot communauté pour ne pas blesser toute une communauté. Moi je vais simplement dire les proches de Dadis. Parce qu’il y a d’autres qui n’ont rien à voir avec Dadis malgré tout. Il y a eu un recrutement malgré tout. Moi-même j’ai eu un quota,  Marcel a eu un quota, le général Konaté  en a eu. Sauf qu’après le recrutement, il y a eu une sélection sélective. Tous ceux qui ne parlent pas le patois n’étaient pas la bienvenue à Kaléa. Il y a  l’école d’instruction de la marine nationale après Coyah, là où on appelle Km66. Donc, tous ceux qui ne sont pas de l’autre côté sont là-bas. Ils ont été délocalisés vers le centre d’instruction de Kissidougou et de Kankan. Beaucoup d’entre eux  se sont retrouvés  agents des eaux et forêts (gardes forestiers) après leur formation.  Ceux de Kankan ont  été  affectés  dans les différentes unités. Ceux de Kissidougou, à l’arrivée du général Konaté, ont été radiés pour indiscipline. Si vous suivez les radios, eux, ils continuent toujours à réclamer leur immatriculation. Ce, depuis le temps d’Alpha Condé.  De l’autre côté, moi je n’y étais plus, Toumba est écarté du commandement.

Du Commandement des recrues de Kaléa

Maintenant un soir, il y a un groupe qui a débarqué et il était dirigé par Makambo. D’abord, c’était l’argentier, l’intendant particulier du président Dais, Gono Sangaré. Puis Makambo, Bienvenue Lamah et Dadis Camara. Parce que l’ordre venait de lui (Dadis)… Il était commandant du régiment. Levons l’ambiguïté sur l’identité de celui dirigeait ou qui était le commandant du régiment…  Le colonel Tiegboro…, ils sont à la Présidence, mais ils ne connaissent pas la structure de la Présidence. Par manque de volonté, on présente Toumba comme commandant de la garde présidentielle. Quelle  garde présidentielle ?  Celle qui n’était même pas structurée. Toumba était aide de camp, mais même le salon est absorbé. C’est-à-dire depuis que le Président a dit qu’il est commandant du régiment, le salon est absorbé par ses proches. Parce que le commandant du salon, lui, était avec nous quand on arrivait au pouvoir. C’est pour cela qu’il était affecté là. Beugré, on lui a donné là-bas, (le camp Koundara, ndlr). Parce qu’il a lutté aussi [pour le pouvoir]. Mais il est cruel, Beugré!  Il  ne m’écoutait plus parce que je lui ai fait l’observation une fois. Je pensais qu’il allait se rappeler que c’est nous qui étions venus ensemble. Mais, il venait  à la Présidence, sans passer chez moi. Il rentrait directement chez Dadis, après là-bas il se repliait sur base… Beugré pouvait manœuvrer sans attendre l’ordre de quelqu’un. Marcel, on n’en parle pas. En ce moment, lui, pour le voir, il fallait avoir une audience. Et chaque fois que  mon petit partait le voir, il le faisait attendre. Et quand il le recevait,  il lui disait : toi et ton grand, vous serez honnis. Un  jour, Dadis et moi rentrions de la Ville dans un convoi. On est venu, la population nous a accompagnés jusqu’e dans l’enceinte du camp Alpha Yaya. Le Président s’est garé. Mon véhicule le suivait. Marcel, a surgi devant mon véhicule pour intimer à mon chauffeur de garer là-bas. Je lui ai dit de marcher sur lui […] Heureusement, la population était venue sans se rendre compte… À la rentrée, il voulait me saluer. Je lui ai dit,  tu me salut, je casse ton bras. On a passé deux semaines sans se parler. C’est comme çà j’ai commencé à constater les hommes de Kaléa à la Présidence. Les hommes de Kaléa sont Gono Sangaré, Makambo, Théodore et Bienvenue Lamah.

Comment les recrues ont-ils  été armés ?

Marcel a parlé d’armement, mais qu’il soit cohérent. Ce n’est pas vrai ce qu’il dit. C’est une contre-vérité. Il y a un témoin que je peux citer pour cela. Ce jour, j’étais chez moi, dans ma chambre. Le Président Dadis, encore sans consultation, a envoyé ses proches au magasin d’armement pour aller se procurer des armes avec un camion. Moi, je ne savais pas, mais puisque le général Konaté est le ministre de la Défense, c’est après j’ai su cela. Le général envoie son aide de camp, colonel Jo. celui-ci (le général Konaté; ndlr) dit à Jo va voir Toumba et allez au magasin d’armement ensemble voir qu’est-ce qui s’y  passe. Quand il est arrivé, je lui ai dit que j’étais fatigué… et d’aller sans moi.  Ce qui fut fait. Ils sont partis trouver le groupe et le camion. Ils se sont disputés là-bas. Je n’y étais pas, mais ils sont revenus chez moi en criant et avec le camion. Ils m’ont dit que le Président les a envoyés prendre les armes et que les deux  (le colonel Jo et un autre) étaient allés les déranger   là-bas. Je regarde par la fenêtre et je vois le camion avec les armes. Je regarde le colonel Jo et  je lui dis, tu as compris?  C’est le Président qui les a envoyés. Donc, va voir le général et dis le lui comme cela.»

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