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Zhou Enlai, l’architecte qui a posé les jalons de la coopération Chine-Afrique

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L’année 2026 marque le 50e anniversaire du décès du Premier ministre Zhou Enlai. En tant qu’éminent homme d’État et diplomate de la Chine nouvelle, le Premier ministre Zhou a accordé à l’Afrique une place de première importance dans la stratégie diplomatique du pays. À travers une tournée historique sur le continent africain, il a jeté les bases d’un pont d’amitié sino-africain et ouvert un chapitre historique de destin partagé entre la Chine et l’Afrique.

L’homme qui a cru très tôt en l’Afrique

Dans la pensée diplomatique du Premier ministre Zhou Enlai, l’Afrique a toujours occupé une position prépondérante sur le plan stratégique. Aux premiers temps de la Chine nouvelle, confronté à une conjoncture internationale complexe, le Premier ministre Zhou a su discerner avec perspicacité que les pays africains, en train de se libérer du joug colonial et de poursuivre leur indépendance et leur essor, constituaient une force nouvelle indispensable sur la scène internationale, ainsi que des partenaires essentiels pour la Chine nouvelle dans sa volonté de briser le blocus diplomatique et de renforcer la solidarité entre pays en voie de développement. Fidèle à son engagement initial de lutte contre l’impérialisme et le colonialisme, d’égalité et d’entraide, il a toujours accordé une haute importance à la solidarité et à la coopération avec les pays africains, soutenu les mouvements de libération nationale sur le continent et noué des relations d’entraide mutuelle entre la Chine nouvelle et l’Afrique.

Zhou Enlai nourrissait une conviction profonde quant à l’avenir de l’Afrique. Il voyait en elle un continent porteur d’espoir et était persuadé que les pays africains, une fois leur indépendance acquise, sauraient, par leur propre potentiel, s’engager sur la voie d’un renouveau autonome. Cette clairvoyance et cette confiance ont profondément orienté le développement de la coopération sino-africaine. Une de ses phrases retenues par les diplomates chinois en est une belle preuve : « L’Afrique est un continent d’avenir, et vous y ferez de grandes choses. »

L’homme qui a voulu voir l’Afrique de ses propres yeux

 

Entre la fin de l’année 1963 et le début de l’année 1964, le Premier ministre Zhou Enlai a parcouru plusieurs milliers de kilomètres pour se rendre en visite dans dix pays africains : événement inédit et jalon historique dans les annales diplomatiques de la Chine nouvelle, marquant la première tournée de grande ampleur et de longue durée d’un dirigeant chinois sur le continent africain. Au cours de cette visite, le Premier ministre Zhou s’est successivement entretenu avec de nombreux dirigeants africains, notamment le président égyptien Gamal Abdel Nasser, le président tanzanien Julius Nyerere et le président guinéen Sékou Touré, en toute sincérité et sur un pied d’égalité. Cette visite a brisé les préjugés et les clivages véhiculés par l’opinion publique occidentale à l’égard de la Chine et de l’Afrique, et contribué à ancrer sur le continent africain l’image d’une Chine authentique, juste et bienveillante, ouvrant définitivement un nouveau chapitre du développement florissant des relations sino-africaines.

C’est au cours de cette tournée africaine du Premier ministre Zhou que la Chine a formulé les Huit Principes à suivre dans son aide économique et technique à l’étranger. Le Premier ministre a toujours considéré que la Chine et l’Afrique, ayant l’une comme l’autre subi l’oppression coloniale et œuvré résolument pour leur indépendance et leur développement, partageaient les mêmes épreuves historiques et les mêmes aspirations. Dans leurs échanges, la Chine et l’Afrique n’ont cessé de s’en tenir aux principes fondamentaux du traitement d’égal à égal, de l’entraide sincère et de la non-ingérence dans les affaires intérieures, rejetant les rapports de force et les intérêts égoïstes propres à la diplomatie d’un autre temps.

L’homme qui a envoyé une équipe médicale chinoise en Guinée

Cette visite du Premier Zhou Enali a donné lieu à l’envoi d’une équipe médicale chinoise en Guinée. Le Premier ministre Zhou Enlai, ayant pris connaissance des conditions d’accès aux soins médicaux de la région du Fouta-Djallon, a décidé de fournir une aide médicale au peuple guinéen. En 1968, 36 experts issus de plusieurs établissements médicaux de Beijing sont arrivés en Guinée, ouvrant ainsi une nouvelle page de l’amitié sino-guinéenne. Liu Jiao, ancienne diplômée de l’Université des Langues étrangères de Beijing, avait travaillé comme interprète au sein de l’équipe médicale chinoise à Conakry en 2017. En 2026, neuf ans après son premier séjour, elle est retournée en Guinée. Elle se souvient : « Lorsque j’étais à Conakry, je me suis dit : “C’est ici que le Premier ministre Zhou Enlai a séjourné !” À cet instant, j’ai profondément ressenti que, telle une flamme transmise de génération en génération, l’amitié entre nos deux peuples devait continuer à être portée par notre génération. Je suis très fière de revenir en Guinée et de pouvoir à nouveau œuvrer au sein de l’équipe médicale chinoise. »

 

L’homme qui s’efforce de faire de Beijing une chaleureuse terre d’accueil

Alors que Zhou Enlai se rendait en Afrique pour y semer les graines de l’amitié, Beijing demeurait également une chaleureuse terre d’accueil pour les échanges amicaux sino-africains. Le Premier ministre a reçu avec la plus grande cordialité les dirigeants politiques et les personnalités de tous horizons venus des pays africains, faisant pénétrer au plus profond des cœurs l’idée d’une entraide et d’une solidarité mutuelles entre la Chine et l’Afrique.

Accordant une attention toute particulière aux échanges humains et culturels sino-africains, il donna instruction à l’Institut des langues étrangères de Beijing (aujourd’hui Université des langues étrangères de Beijing) et à d’autres établissements d’enseignement supérieur de mettre en place des cursus de langues africaines, jugeant indispensable que les Chinois puissent appréhender l’Afrique à travers les langues de ses peuples. Vingt langues africaines y sont aujourd’hui enseignées, dans le prolongement des orientations définies à l’époque par le Premier ministre Zhou Enlai. Cette démarche constitue également un exemple concret de la mise en œuvre de l’Initiative pour la civilisation mondiale par les établissements d’enseignement supérieur chinois.

Cinquante ans se sont écoulés, mais la flamme initiale brûle plus vive que jamais. L’arbre de l’amitié sino-africaine, que Zhou Enlai a planté et chéri, plonge aujourd’hui ses racines dans un terreau fertile et étend son ombrage sur l’avenir. Les assises de cette amitié qu’il a posées, les principes de coopération qu’il a promus, la foi dans le développement qu’il n’a cessé d’affirmer continuent de guider, vers un avenir stable et prometteur, la communauté de destin sino-africaine de la nouvelle ère.

LI Hongfeng

Doyenne de la Faculté d’Etudes africaine, Université des Langues étrangères de Beijing

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