
Devant les députés de l’Assemblée nationale, le samedi 24 octobre 2026, Mohamed Lamine Conté, premier vice-gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), a souligné les enjeux économiques du projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Il a notamment insisté sur la maîtrise de l’inflation, la préservation des réserves de change et la nécessité de concilier financement public et investissement privé.
Dans un contexte international marqué par la hausse des prix de l’énergie et les tensions sur les marchés, l’économie guinéenne affiche des perspectives de croissance estimées à 8,6 % en 2026, contre 7,1 % en 2025. Cette dynamique est notamment portée par le secteur minier et la montée en puissance du projet Simandou, dont les recettes attendues pour l’Etat sont estimées à environ 350 millions de dollars cette année.
Toutefois, le premier vice-gouverneur a mis en garde contre les risques liés à cette manne financière, notamment les pressions inflationnistes et les déséquilibres susceptibles d’affecter les secteurs non miniers. L’inflation, après avoir atteint 6,4 % en juillet, s’est établie à 5,9 % en septembre 2026, principalement sous l’effet de la hausse des prix des produits alimentaires.
Sur le plan monétaire, la BCRG entend maintenir une approche prudente, tout en favorisant le financement de l’économie. Mohamed Lamine Conté a également souligné l’importance du renforcement des réserves de change, de la stabilité du franc guinéen et de la modernisation du système financier.
Concernant la LFR 2026, il a attiré l’attention des députés sur trois priorités : préserver la stabilité des prix, éviter que le recours accru à l’emprunt public ne réduise les financements destinés au secteur privé et améliorer la coordination entre la politique budgétaire, la gestion de la trésorerie de l’État et la politique monétaire.
Pour la BCRG, la réussite de cette loi rectificative dépendra de la capacité des autorités à transformer les ressources minières en investissements productifs, en emplois et en développement durable, tout en préservant les équilibres macroéconomiques du pays.

