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Production du fonio au Foutah Djallon : Le vice-président de la coopérative à bâtons rompus

Réputé être l’une des zones les plus propices à la production du fonio, le Foutah Djallon semble désormais mesurer l’étendue de cette reconnaissance avec un intérêt de plus en plus grandissant pour cette culture très sollicitée de nos jours dans les ménages. Ainsi, en plus des associations, des unions et groupements qui existent depuis belle lurette, on a assisté lors des années précédentes à la naissance de la coopérative de producteurs et productrices de Fonio du Foutah djallon. Une organisation paysanne qui regroupe les producteurs des 10 préfectures de la moyenne Guinée au sein de 6 unions.

Pour mieux comprendre le fondement, le fonctionnement et l’objectifs de la coopérative, la rédaction locale de votre quotidien électronique guinéenews, basée à Labé a pris langue avec Boubacar Mobhy Diallo, le vice président de la coopérative régionale des producteurs et productrices de fonio, qui est en même temps le chargé de la planification de la structure. Il a accepté de répondre à nos questions dans un entretien à bâtons rompus. Lisez !

Guinéenews© : Bonjour M. Boubacar Mobhy Diallo. Et merci de vous prêter à nos questions. Pour commencer, dites depuis quand votre coopérative est-elle en place ?

Boubacar : Depuis 2018. Donc, c’est une coopérative régionale de la productrice de Fonio qui a été installée grâce à l’appui de l’Etat guinéen et des partenaires comme OSIWA, l’université Mahtmagandi à travers le CENAFOD. Quand, le projet a été mis sur table, nous avons fait le tour, moi y compris mais en tant que directeur préfectoral de l’agriculture de Koubia ; tous les autres directeurs ont été invités et j’ai eu la chance de conduire la mission à travers les 5 préfectures de la région de Labé. Nous sommes allés en profondeur, c’est-à-dire au niveau des communes rurales, nous avons rencontré des groupements, mais il n’ y avait pratiquement pas de groupements. Donc nous avons rencontré des producteurs et des productrices de fonio. C’est après que la mission est repartie, formuler le projet et revenir pour voir comment est-ce qu’il faut accompagner les producteurs et productrices de fonio. Et je ne saurai continuer sans vous dire que la coopérative est pilotée par une femme et c’est madame Aminatou Bah qui est la présidente de la coopérative.

Guinéenews© : combien de personnes composent cette coopérative ?

Boubacar : la coopérative est d’abord composée de 6 unions. Il y a l’union de Dara-Labé dans Labé, l’union de Fougou dans Mali, l’union de Lafou dans Lélouma, l’union de Tountouroun Dans Labé aussi, l’union de Sannoun dans Labé et de Noussy dans Labé également. Sinon, c’est toutes les préfectures de la moyenne Guinée qui composent cette coopérative.

Guinéenews© : précisément quelles préfectures de la moyenne Guinée, et c’est quoi l’objectif principal ?

Boubacar : l’objectif c’était de regrouper tous les producteurs de la région naturelle de la moyenne Guinée ; de Mamou à Koundara, c’est-à-dire les 10 préfectures (Labé, Koubia, Mali, Lelouma, Tougué, Pita, Dalaba, Mamou, Gaoual et Koundara). Un organisme a été installé, mais finalement vu le nombre qui est très élevé avec un total de 10 préfectures, et vous savez que la culture du Fonio est très développée en moyenne Guinée où chacun cultive le fonio. Donc, les partenaires ont appuyé cette coopérative. On est allé jusqu’à construire une plate-forme multifonctionnelle à Koundara dans Sambailo. Donc, elle est construite mais n’est pas pour le moment équipée. On nous a ensuite doté de trois décortiqueuses de Fonio, un bureau avec du mobilier et du matériel de bureau.

Guinéenews© : comment se fait-il qu’avec un total de 10 préfectures, vous vous retrouvez seulement avec 6 unions?

Boubacar : vous savez, il y a eu le projet KIMALAKAN qui concerne les régions de Kindia, Mamou, Labé et Kankakn. C’est les premières lettres de chaque région qui constituent le nom KIMALAKAN. Donc KI (Kindia) ; MA (Mamou) ; LA (labé), KAN (Kankan). Donc, KIMALAKAN est venu pour nous appuyer et on a réduit la sphère d’appuie. Au lieu de prendre l’ensemble des préfectures de la région, nous avons pris les 6 unions des 4 préfectures.

Guinéenews©: alors, ceci ramène ma question de savoir combien de personnes composent cette coopérative ?

Boubacar : je disais que c’est en tout 6 unions, 42 groupements pour un total de 1 335 adhérant dont 597 femmes, 190 hommes, 548 jeunes. Donc, c’est ce qui compose les 42 groupements répartis dans les 6 unions. Et vous avez l’union de Dara-Labé qui a 6 groupements, l’union de Tountouroun 14, l’union de Sannoun 4 groupements, l’union de Noussy 4, l’union de Lafou 7 et l’union de Fougou 7 groupements. Voilà les 42 groupements.

Guinéenews© : pour ce qui est de la production du fonio, comment la coopérative évolue sur le terrain ?

Boubacar : vous savez, la production du fonio est très pénible car tout est à la main maintenant là. De la production à la consommation, parce que pour la consommation aussi vous utilisez la main pour soit prendre la cuillère ou manger à la main. Donc, tout se fait à la main. La production, comme je l’ai dit tantôt, toutes les préfectures, tous les villages produisent du Fonio. Bon, il faut d’abord aller au niveau du village constituer là-bas d’abord les groupements ; les formaliser et aller au niveau de la commune avoir les unions et remonter jusqu’au niveau de la coopérative. Maintenant, ces unions là, c’est l’ensemble des groupements des différents villages, des différents districts qui se sont retrouvés pour installer cette union. L’ensemble des producteurs des différents secteurs se sont retrouvés pour constituer le groupement au niveau du district. Pour le moment, la production ; ce sont ces groupements là qui produisent.

Guinéenews© : c’est une production individuelle ou collective ?

Boubacar : chaque union a un champ collectif. La coopérative elle-même a un champ à Dara-Labé. La présidente a trouvé un domaine de 5 hectares que nous avons mis en valeur. Sinon, la production c’est au niveau local. Vous savez, il y a la production, la transformation et la commercialisation. Quand nous avons lancé, tout le monde voulait produire du fonio, tout le monde voulait faire valoir ses compétences dans cette production.

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