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Pour l’équilibre de notre société : reprenons nous , ça crie trop et de partout !

Au fil du temps, nous Guinéens, avons réellement bien changé ! C’est le cas de le dire.  Mais hélas, ce n’est pas dans le bon sens que nous avons changé, pour qu’on s’en réjouisse. Tous ceux qui ont vécu dans notre pays, aux premières années de l’indépendance, ou même avant, l’admettent facilement. Pour s’autoriser une telle affirmation, des éléments d’appréciation existent, auxquels nous allons faire recours. Il ne s’agit pas de se forcer à prouver quoi que ce soit. Il suffit simplement qu’on rappelle le vécu de nos parents qui ont fondé cette nation.

En ce temps-là, le mot solidarité qui figure dans notre devise nationale a tout son sens. Les gens s’aimaient entre eux et s’acceptaient tels qu’ils sont. Les fils du pays ne pratiquaient pas cette différenciation absurde et insensée, comme celle basée sur l’ethnie, le statut social ou autre considération irrationnelle. Un seul critère fondamental était à satisfaire pour être accepté et adopté partout où on allait sur le territoire national. Il fallait juste être d’une grande probité morale et professionnelle.

Ainsi, que l’on soit fonctionnaire, voyageur, commerçant, transporteur ou autre, on  intégrait facilement la communauté au sein de laquelle, on voulait s’installer pour exercer son activité. Et c’est ainsi que nombreux ont été ceux qui ont fait souche dans l’endroit (ville ou village) où le destin les a conduits. Ils s’y sont installés à demeure, y ont pris femme et fondé une famille. Ils ont construit avec les natifs, des alliances qui survivent encore de nos jours.

Ces pactes, à la limite du sacré, étaient basés sur l’amitié, la vérité, la confiance, la loyauté, la fidélité, autant de valeurs universelles que les hommes ont en partage. A l’époque, on ne jouait guère avec les différences qui existent entre les hommes, mais plutôt, on mettait en exergue le potentiel qu’on peut en tirer pour les rassembler et fortifier les liens entre eux. On louait l’unité dans la diversité et on encourageait à la solidarité active entre les communautés. N’est-ce pas que c’est au bon mélange des éléments qui la composent, qu’on apprécie une salade ou une sauce ? N’est-ce pas que, pour en relever le goût, les ingrédients indispensables à sa préparation, doivent être associés, à la juste quantité et à la bonne dose ?

C’était bien ça l’image qu’on retient de la Guinée d’avant. Elle incarnait la paix et la cohésion parfaite entre tous ses fils. Tant et si bien que le pays était renommé à l’échelle internationale pour l’hospitalité de ses habitants.

Qu’en est-il de tout cela aujourd’hui ? Osons reconnaître que pour l’essentiel, ces acquis ont pratiquement disparu. Les repères, les us et coutumes, en somme, les valeurs propres à notre pays, sont foulées aux pieds.

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Notre population s’est certes accrue et le pays s’est développé sur bien de plans, mais le côté comportemental des citoyens n’a pas suivi. On peut même dire qu’il a régressé, par rapport à ce qu’on pouvait espérer. Aujourd’hui, de partout ou presque, on entend des cris qui fusent. Il serait fastidieux d’en dresser ici la liste. Des attitudes et réactions, objectivement observables, de certains de nos concitoyens ne manquent pas d’attirer l’attention. C’est à croire que tout le monde est en permanence, stressé ou en rogne. On entend crier ici et là, les gens s’invectivent de partout. Bien souvent, pour des strapontins, de l’argent ou maints autres avantages et privilèges que l’ambition démesurée peut faire germer dans la tête d’individus peu scrupuleux ou à l’appétit insatiable. L’égoïsme, la méchanceté, la haine, le goût morbide et effréné pour l’enrichissement à tout prix, le rejet de l’autre, la division, sont les comportements qui se font jour. Les démagogues, les opportunistes, les flagorneurs en profitent pour essaimer et tirer avantage de la situation, Et voilà que tout est confus. Les vieux démons refont surface et ouvrent les vannes aux travers, pourtant interdits par les nouvelles autorités. Les mouvements de soutien, de triste mémoire, se recyclent et leurs animateurs s’évertuent à faire croire qu’ils sont les seuls à avoir fait le bon choix.

Tout cela participe à activer et amplifier l’incompréhension ambiante qui entraîne la zizanie et les dérapages. Les contradictions, longtemps enfouies, ressurgissent peu à peu. Pour les uns, ceux d’en face sont ceux qui les empêchent d’assouvir leurs ambitions. Il faut donc les écraser par tous les moyens. Pendant ce temps, il y en a qui pensent que l’unique façon de montrer qu’ils ont raison est de crier fort et se montrer véhément. Ce qui est en porte à faux avec la règle qui dit que ‘’dans un débat, c’est quand on est à court d’arguments qu’on utilise la violence.’’

Pour tout dire, notre société est totalement bouleversée, pour ne pas dire malade. Elle est l’antithèse de celle qui prévalait aux premières années de notre indépendance. Il suffit de voir aujourd’hui, des gens se réjouir du malheur qui arrive à leurs semblables, pour s’en convaincre. Le niveau de déstructuration que notre société a atteint à ce jour, est une vraie alerte qui doit tous nous interpeller. Ses effets sont pernicieux et destructeurs pour notre pays. Il faut les endiguer à tout prix. Il y va de notre avenir à tous.

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