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Passer la Tabaski à l’intérieur du pays: une louable intention, vite tempérée par la hausse vertigineuse des tarifs de transport

Hier matin, au départ de la gare routière de Gomboya (Coyah), pour ne citer que cet exemple, il fallait débourser 300 000 GNF, pour se rendre à Kankan. Et cela encore, tenez-vous bien, à bord d’un minibus !  En plus, il faut y ajouter les 20000 GNF pour le « koun sara », littéralement traduit, le « prix de la tête » qu’on vous réclame pour dit-on, un autre prix, celui de la route. Allez comprendre !

Cela se passe de commentaires. On n’en dit pas plus, car il s’agit de tarifs, sans commune mesure, avec ceux officiels, fixés le 10 juin dernier, suite à l’augmentation du prix du carburant à la pompe.

On se souvient qu’à l’occasion, les autorités et la faîtière nationale des transporteurs s’étaient concertées pour annoncer de commun accord, les nouveaux tarifs urbains et interurbains par taxi, minibus et bus. Votre quotidien guineenews.org vous  a déjà présenté ces nouveaux tarifs lors de publications antérieures.

Pour ce cas de figure référencé ici, à savoir, la destination Conakry-Kankan, l’ancien tarif par minibus qui était de 130 000 GNF a été remonté à 150 000 GNF après l’augmentation du prix du carburant. Quant aux taxis, sur le même trajet, le coût est monté de 200 000 à 220 000 GNF. On comprend bien, dès lors, l’étendue de la surenchère. Et ce n’est pas le seul cas qui se présente.

Le prétexte de la fête qui arrive dans les jours à venir, a conduit bon nombre de transporteurs, pour ne pas dire tous, à fixer des tarifs comme bon leur semble, à l’aune de leur fantaisie. Ils ont profité de la forte demande de déplacements pour l’intérieur du pays, que l’offre disponible est incapable de combler sur le moment, pour monter les enchères. C’est comme à un véritable chantage que certains se livrent : « tu veux, tu veux pas, c’est ça mon prix. Y a pas parole sur ça, déé!  Si tu veux pas, tu descends. Tu n’as pas vu ? Les clients ne manquent pas du tout, jusqu’après la fête. »

Le chauffeur qui parle ainsi décrit bien la situation. Il a raison : tout le monde veut partir au village. Et cela, vers toutes les destinations, à l’intérieur du pays. Mais, ce qu’il oublie de prendre en compte, dans ce cas-là, c’est la capacité financière souvent assez limitée, des citoyens qui voyagent pour fêter auprès des parents. En plus de ce que leur coûte le déplacement pour le village, ils sont astreints à des charges subsidiaires, tel le mouton à trouver pour le sacrifice rituel ou les cadeaux à apporter aux leurs.

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Dans cette dynamique, nous pouvons dire que transporteurs et syndicats ont leur responsabilité engagée. Cette remontée brutale et sans préavis des prix de transport ne peut pas se faire sans leur quitus ou leur silence. Ici, tout porte à croire qu’ils ont cautionné en délivrant un blanc-seing. Il suffit de rappeler que l’essentiel des opérations d’embarquement et de départs s’effectuent à la gare routière, pour valider ce point de vue. Et à partir de là, il n’y a plus rien à dire. La cause est entendue !

Cependant, il est triste de voir des gens se comporter de la sorte, juste pour une question de profits qu’ils tirent de ceux qui veulent voyager pour célébrer la plus grande fête du monde musulman. Celle qui coïncide avec le pèlerinage à la Mecque, le cinquième pilier de l’islam ; celle où l’on immole le mouton sacrificiel comme offrande faite à Dieu, notre Créateur ; celle pour laquelle, on se déplace, à la recherche de bénédictions auprès des parents, au village et partout ailleurs.

On espère bien en finir au plus vite, avec cette mauvaise pratique. Cela passe nécessairement par une amélioration de l’organisation du transport routier, mais aussi une éthique et un civisme élevés, de ceux qui nous font voyager.

C’est à ces prix que nous aurons le changement ambitionné dans le secteur.

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