
Le procès de l’ancien président de la délégation spéciale (PDS) de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré, s’est poursuivi ce lundi 2 novembre 2026 devant la Chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). À la barre, l’ancien responsable communal a été interrogé sur les recettes et les dépenses de la commune pour les exercices 2024 et 2025, ainsi que sur les coûts de réalisation de plusieurs infrastructures.
Abordant la question des recettes fiscales, Ahmed Sékou Traoré a indiqué qu’elles s’élevaient à 5 milliards 187 millions 994 mille 101 francs guinéens en 2024, contre 584 millions 635 mille francs guinéens en 2025.
Pour justifier cet écart considérable, l’ancien PDS a évoqué la modification du nombre de quartiers composant la commune. Selon ses explications, Ratoma comptait 34 quartiers en 2024, contre seulement 11 en 2025.
Les débats ont également porté sur les coûts de réalisation de plusieurs infrastructures durant sa gestion. Parmi les ouvrages évoqués figurent le centre de santé de Kaporo, l’école primaire de Hamdallaye, la maison des jeunes de Taouyah ainsi que des latrines construites dans plusieurs établissements scolaires publics de la commune.
Interrogé sur les montants consacrés à ces réalisations et sur l’identité des entreprises chargées de leur exécution, Ahmed Sékou Traoré a reconnu ne pas se souvenir des détails. Il a néanmoins assuré que les entreprises avaient été sélectionnées à l’issue d’appels d’offres, tout en affirmant n’entretenir aucun lien particulier avec leurs représentants.
Concernant les dépenses communales, l’ancien responsable a déclaré qu’elles s’étaient établies à 3 milliards 555 millions 13 mille 851 francs guinéens en 2024. Pour l’exercice 2025, il a avancé un montant de 7 milliards 382 millions 506 mille francs guinéens.
Face aux difficultés de leur client à apporter des précisions sur certains chiffres et montants évoqués au cours des débats, ses avocats ont sollicité un renvoi de l’affaire. Ils ont notamment demandé un délai supplémentaire pour lui permettre de « se familiariser aux chiffres inscrits dans les rapports ».
La Cour a accédé à cette demande et renvoyé l’affaire au 16 novembre prochain pour la poursuite des débats.
Pour rappel, Ahmed Sékou Traoré, ancien président de la délégation spéciale de Ratoma, et Mohamed Camara, receveur de la commune, sont poursuivis dans cette affaire pour des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption d’agents publics, de faux et usage de faux en écritures publiques, d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux et de complicité.

