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Ouverture scolaire et conjoncture économique : des citoyens expriment leur inquiétude à Lélouma 

A seulement quelques jours de la rentrée scolaire 2022, élèves, parents d’élèves et encadreurs affûtent leurs armes pour bien réussir le retour des enfants dans les établissements scolaires. Mais la tâche la plus dure dans tout ça est celle des parents d’élèves qui sont déjà dans des difficultés surtout liées à la cherté de la vie. Et comme si cela ne suffisait pas, est venue se greffer l’ouverture des classes. Certains se plaignent du coût élevé des fournitures scolaires, d’autres encore de la galère qui sévit dans les foyers en cette saison des grandes pluies.
Père de cinq enfants tous scolarisés, ce fonctionnaire de la cinquantaine a accepté de se confier à Guinéenews sous le sceau de l’anonymat.
 » (…). Je suis enseignant. A l’approche de l’ouverture scolaire, comme c’est d’ailleurs le cas pour chaque année, je me demande toujours à quel saint se vouer. J’ai cinq enfants qui sont tous des élèves évoluant dans le privé. En plus de la fourniture scolaire, il faut payer la réinscription ensuite la scolarité des enfants. Et éventuellement l’inscription pour ceux qui ont des enfants à inscrire. C’est vraiment du fil à retordre. Et ce en plus de la conjoncture à laquelle on est confronté. C’est toujours difficile l’ouverture des classes », se désole le père de famille.
Poursuivant, il ajoute » ça, c’est du côté des enfants. Moi aussi, il faut que je regagne mon lieu de service. Et je ne peux pas repartir là bas les bras vides. Il faut se nourrir, se vêtir. (…). C’est une période extrêmement difficile pour de nombreux parents d’élèves », déplore t- il enfin.
Sur la même lancée, Mariama Diallo une mère célibataire renchérit : » c’est toujours compliqué pour moi, cette période. Je n’ai personne pour m’aider à supporter les enfants pour l’éducation. Et comme moi je n’avais pas eu cette chance d’étudier, je tiens vraiment à ce que mes enfants eux puissent le faire. Mais croyez-moi que ce n’est pas du tout une chose facile. Je me débrouille pour qu’ils aient l’essentiel c’est-à-dire les cahiers, bic, crayons et quelques livres. Cette année, avec la précarité que nous vivons, je ne peux pas acheter des tenues. On va se contenter des anciennes qui sont encore acceptables. Je fais les retouches des tenues et je les ai bien repassées. (…). J’ai quatre enfants dont une fille. Ils fréquentent l’école publique. Mais laisser mois vous dire que sans assistance, c’est très difficile pour une femme qui n’a pas de travail fixe d’assurer les frais liés à la scolarité des enfants. Je suis le plus souvent obligé de faire des prêts auprès de mon revendeur. On demande à l’Etat de nous assister dans ce sens pour ne pas voir un jour nos enfants dans le contraint de fuir l’école pour manque de moyens, » a sollicité cette femme.
Dans le même sillage, un tour chez les vendeurs de fournitures scolaires confirme le manque d’affluence dans ces boutiques à la veille de la rentrée des classes à Lélouma.
« Comme vous pouvez le constater par vous même, ce n’est pas encore la grande affluence. Les parents d’élèves viennent à compte goutte. Ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas. Mais la situation actuelle n’est pas leur favorable. La vente ne s’effectue pas encore comme l’année précédente. La plupart des parents qui sont venus ont sollicité des prêts. La conjoncture actuelle est telle que, c’est extrêmement difficile pour bon nombre d’entre nous de pouvoir joindre les bouts. En tout cas, nous sommes là à l’attente des clients. Et je suis disposé voire obligé de faire des prêts pour pouvoir écouler mon stock, » explique le vendeur.
A cet autre aussi d’enfoncer le clou « l’ouverture des classes, c’est toujours un véritable cauchemar pour bon nombre de parents d’élèves que nous sommes surtout cette année aussi avec cette cherté de la vie. Pour des parents qui ont plusieurs élèves, c’est assez délicat. Pour le moment, dans ma boutique, il n’y a tellement de personnes qui viennent encore pour l’achat des fournitures. Nous sommes obligés de faire parfois des crédits. Certains viennent et n’ont pas assez d’argent pour tout payer. Donc ils sollicitent de payer le reste par échéance. Et comme ce sont nos clients, on ne peut pas les rejeter. La situation est vraiment confuse », s’est-il alarmé.
Du côté des responsables d’établissements scolaires, l’ouverture administrative est déjà effectuée. Avec les associations des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE), ils s’attèlent à l’assainissement, à la réparation des tables bancs entre autres pour une rentrée scolaire bien réussie.
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