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Nécrologie – Décès de « Dr Bah Abidjan », médécin, activiste et auteur guinéen.

C’est suite à une longue maladie que Dr Bah Thierno Abdourahamane, communément appelé « Dr Bah Cocody » s’est éteint aujourd’hui dans un hôpital d’Abidjan entouré de son fils et de ses petits fils à l’âge de 88 ans.

Né à Labé en 1933, il est le deuxième garcon de sa mère feu Hadja Aissatou et suite au décès de son père Thierno Lamine alors qu’il était adolescent, il est recueilli très vite par son oncle Baldé Chaikou qui le mettra à l’école et il fera de bonnes études avant de se retrouver à Dakar chez Mamadou Traoré puis en France où il poursuivra avec succès des études de médécine.

Enthousiasmé à l’indépendance, Dr Bah Thierno fit campagne – en vacances en Guinée – pour le « Oui à l’indépendance » au référendum de 1958. Retournant en France, il était pressé de finir ses études et revenir servir son pays comme tant d’autres intellectuels de l’époque.

Mais à l’obtention de son diplôme de médecin en à la faculté de médécine de Paris France, Dr Bah voulu rentrer en Guinée. Son activisme politique suite à la dérive autoritaire du PDG et l’arrestation des enseignants – incluant son grand frère Bah, Ibrahima Caba – qui réclamaient une meilleure gouvernance étaient en contraste avec le PDG et lui feront prendre comme tant d’autres le chemin de l’exil. Son choix fut prémonitoire car plusieurs de ses amis, frères, oncles et camarades d’écoles furent broyés dans le sinistre Camp Boiro de Conakry. Comme des millions d’autres Guinéens l’exil aura un impact psychologique sur lui et il ne reviendra sur sa terre natale qu’après la chute du régime dictatorial du PDG en 1984.

Le président Houphouët Boigny lui fera personnellement appel en lui confiant le poste de Médecin Chef de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale de Cote d’Ivoire à Abidjan. De ce poste, il gérera avec honnêteté et professionnalisme des milliards de Francs CFA et mettra en place un système de gestion de sécurité sociale qui fera école en Afrique. Dr Bah aussi aidera beaucoup de Guinéens en exil et restera très actif dans les affaires sociales et communautaires de l’importante diaspora guinéenne en Côte d’Ivoire et ailleurs.

Intéréssé par la la justice, les droits de l’homme et l’écriture, Dr Bah fut impliqué dans le mouvement associatif et politique de la diaspora guinéenne. Les réunions politiques et discussions sur l’avenir de la Guinée étaient légendaires dans son salon de sa villa de Cocody à Abidjan où chez son cousin Hassimiou « H » Baldé auxquels participait lorsequ’il était de passage en Côte d’Ivoire un certain Alpha Condé, condamné à mort par contumance par le régime de Conakry.

De retour en France, Dr Bah prendra sa retraite et sa santé fragile le confinera dans son domicile parisien et toujours impliqué en politique, il devient délégué général en 1992 du parti de l’Union pour la Nouvelle République dont il fut membre fondateur.

Toujours passionné de sa Guinée Dr Bah intervient dans les débats et deviendra l’auteur de plusieurs livres dont: « Trente ans de violence politique en Guinée 1954 – 1984 » (Editions Harmattan 2009),  « Le Rassemblement de la Société Civile guinéenne. Une union impossible? » (Editions Harmattan 2016), « La Guinée a eu 55 ans et maintenant? » (Editions Harmattan 2016)  « la République des Voleurs ». Il fera aussi un ouvrage autobiographique : « Mon combat pour la Guinée » (Edition Khartala 1996) de 496 pages qui décrit les péripéties de tant de Guinéens qui ont participé au combat pour l’indépendance avant de voir les espoirs d’une Guinée prospère et démocratique être déçus.

Dr Bah laisse derrière lui une veuve Hadja Oumou et deux enfants vivants –  Assiatou « Assia », Ibrahima « Mista » médecin urgentologue, et Mohamed Lamine, vice président du groupe d’assurance Sunu Assurance – des petits enfants et des arrières petits enfants. Son dernier fils Boubacar est quant à lui décédé.

Que Dieu ait son âme et qu’Il repose en paix !

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