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Monde rural : à la découverte du quotidien des femmes à Soya dans Mamou

En Guinée, si dans la zone urbaine, les femmes prônent l’équité ou l’égalité, dans le pays profond, les réalités sont toutes autres. Dans le monde rural, les conditions de vie diffèrent de la zone urbaine. Si en ville, il incombe au père de famille de donner la dépense à sa femme pour la nourriture, dans le monde rural, l’épouse se débrouille pour trouver la sauce du repas familial.
Nous sommes dans le village de Berteya, dans la sous préfecture de Soya à une quarantaine de kilomètres de la ville de Mamou. Au sein d’une famille d’éleveurs, le chef de famille est le berger, il s’occupe du troupeau . Quant à l’épouse, elle s’occupe de la traite des vaches laitières.
Néné Hadiatou Sow, la cinquantaine, chaque matin, elle trait les vaches «  au retour des vaches du pâturage le soir, nous attendons le matin pour traire après que le veau ait fini de téter. Nous utilisons une petite calebasse sous les mamelles de la vache pour récupérer le lait. Manuellement, avec les doigts, on masse les mamelles pour sortir le lait« , explique t-elle.
La présence du veau pendant la traite n’est pas fortuite. Selon une étude de Anne Marie Brisebarre dans Leurrer la Nature: « physiologiquement, la vache produit deux sortes de lait: 20% de lait citernal dans la fontaine à lait facilement recueilli par la traite ; 80% de lait alvéolaire stocké dans les alvéoles de la mamelle que la vache a la capacité de retenir pour ne le livrer qu’à son petit. D’où la nécessité de la présence du petit faisant venir le lait pour la traite« , écrit-on.
Après la traite, le lait suit pendant quelques jours une transformation en lait caillé:  » après avoir extrait le lait, nous filtrons la quantité dans un petit seau en plastique. Le lait est ensuite gardé dans un coin pendant trois jours sans dérangement. Personne ne doit toucher le lait avant le terme de conservation. Le troisième jour, nous ouvrons le sceau de lait. A l’aide du mixeur en bois, nous mixons pendant quelques minutes le lait pour récupérer le beurre qui sera chauffé au feu dans une marmite pour séparer l’huile de l’eau. Le beurre  est ensuite mis dans des bouteilles et sera vendu au marché hebdomadaire« .
Le prix de la mesure du 5 litres de lait varie de 20000 à 30000 gnf. Quant au beurre de lait, la mesure de 1,5 litre est vendue à 120000 gnf.
Ici, comme ailleurs, le mari après avoir donné quelques céréales issus de la récolte à son épouse, le reste revient à cette dernière de trouver quoi nourrir la famille. Les ventes des légumes, des fruits ou du lait caillé dans les marchés hebdomadaires constituent la source de revenus pour madame. L’argent obtenu sert à acheter de l’huile, du poisson fumé, du sel, de l’oignon, du savon, des allumettes, des piles pour la torche.
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