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Mairie de Labé : plusieurs conseillers communaux désertent et dénoncent une mauvaise gestion

Plus rien ne va entre le maire de la commune urbaine de Labé et la quasi-totalité des conseillers  et l’exécutif communal. Un conflit d’intérêts qui ne dit pas son nom serait à la base de la discorde qui a poussé une bonne partie des élus à bouder la mairie, a constaté sur place la rédaction locale de Guinéenews.

Une simple visite au niveau du siège de la mairie de Labé vous permet de comprendre le climat délétère qui y règne. D’habitude pleine à craquer avec ses 37 conseillers doublés de l’administration communale, de nos jours la mairie est quasi déserte. De la cour en passant par les bureaux jusqu’à la salle de délibération, le constat est le même. En dehors des gardiens et de deux ou trois conseillers très proches de Mamadou Aliou Laly Diallo (le maire), pas l’ombre d’un conseiller n’est visible.

Cette situation qui n’honore nullement les élus de Labé (composé à plus de 98% de militants de l’union des forces démocratiques de Guinée) persiste depuis au moins trois mois. Des conseillers comme Mamadou Aliou Sampiring Diallo (premier vice maire), Bachir Koula Diallo (troisième vice maire) pour ne citer que ceux-ci ont complètement boudé le siège de la mairie. Selon plusieurs indiscrétions, la gestion administrative et financière dudit service serait à la base de cette situation.

Sous le sceau de l’anonymat, un membre de la même équipe communale à entre autres laisser exploser sa frustration : « le maire gère à la fois tout au niveau de l’équipe ; tout passe par lui surtout en matière de finance. Il est l’unique signataire du compte bancaire et aucune transaction n’est possible à son insu. On est juste que des figurants ; donc pourquoi rester au sein d’un service dans lequel tu ne sers à rien » s’est-il interrogé.

Boubacar Siddy Keita également conseiller communal y est allé de son mot : « ouï l’avis, il est presque partagé ; je partage l’avis de tous les autres conseillé en tout cas la majeure partie parce qu’il y a un triumvirat qui s’est installé à la commune urbaine de Labé, qui ne dit pas son nom et qui nous empêche littéralement de progresser et qui de surcroît est parti d’une opacité dans sa gestion qui est carrément apocalyptique parce que sincèrement; on est largement déçu, la jeunesse est déçu, les femmes sont déçue et tout le monde est déçu de ce qui se passe à la commune urbaine » dénonce ce conseillé.

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Avec le silence des autres conseillers (membre de l’UFDG) directement concernés par cette situation, des conseillers qui ne veulent pas s’afficher ouvertement, El Hadj Safioulaye Bah le préfet de Labé a été on ne peut plus clair : « vous savez, ce qui nous incombe c’est quand un conseiller n’assiste pas à trois sessions. Là, il sera considéré comme démissionnaire. Mais, ils viennent d’un même parti (politique) ; s’ils s’entraident ça serait mieux. Mais que ceux qui ne viennent pas travailler sachent juste, que si des problèmes se présentent dans l’avenir que la faute n’incombe pas à ceux qui sont au bureau. Mais plutôt à ceux qui ont boudé » entame-t-il.

Pour lui également, c’est une « honte » qu’ils sont en train d’infliger à leur parti (l’UFDG) : « le maire est courageux, car je vois les personnes avec lesquelles il est entrain de travailler mais je me dis que si les autres étaient à ses côtés il allait pouvoir faire beaucoup plus. Mais qu’ils sachent que la honte revient à leur parti et non à une autre personne. Qu’ils sachent que s’ils ne viennent pas soutenir la mairie alors que c’est leur parti qui a pris les rênes de celle-ci ; et que des problèmes surgissent dans l’avenir ; on ne dira pas que le maire Laly est incapable mais que leur parti l’UFDG est incapable » déclare le préfet.

Pour ce qui est de la gestion financière qui fait grand bruit dans ce conflit, El Hadj Safioulaye Bah parle du principe de redevabilité : « ce n’est pas pour défendre le maire. Une redevabilité l’incombe ; n’importe quel citoyen peut venir à la commune pour demander la situation. S’ils refusent, la personne peut venir se plaindre à notre niveau et nous allons l’obliger à soulager le citoyen. C’est une loi qui a été votée. Donc, il a une redevabilité », précise-t-il.

Pour l’instant le maire Mamadou Aliou Laly Diallo a préféré s’abstenir de tout commentaire autour de ce conflit ; alors que le bureau politique national de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) serait même saisi par les déserteurs qui lui auraient adressé un courrier. Joint au téléphone par Guinéenews pour plus d’explication, Aliou Condé le vice président chargé des questions politiques de l’UFDG s’est juste contenter de nous dire qu’il n’a pas les détails et qu’il ne peut pas se prononcer.

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