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Lutte contre les épidémies : la Directrice régionale de l’Unicef échange avec le DG de l’ANSS

De retour de N’Zérékoré, la Directrice régionale de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre s’est rendue, ce 28 mai 2021, à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) à Kaloum (Conakry). L’objectif de cette visite était de voir avec l’ANSS les possibilités de partage d’expérience avec les autres pays de l’Afrique sur la gestion des épidémies.

L’Afrique fait souvent face, de façon concomitante, à plusieurs épidémies. C’est le cas notamment de la rougeole, de la fièvre jaune, de la méningite, d’Ebola et récemment du Coronavirus. Pour la Directrice régionale de l’Unicef pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Marie-Pierre Poirier, il est important que les pays du Sud partagent leurs expériences dans la gestion de ces épidémies. Et la Guinée, qui a des expériences dans la gestion de la maladie à virus Ebola, a appuyé la République démocratique du Congo (RDG) quand celle-ci a été touchée par l’épidémie.

« L’exportation de l’expérience guinéenne, parce que moi je suis dans un rôle régional, donc je m’intéresse à la Guinée, mais je m’intéresse à toute la région, 24 pays. Je tiens à saluer l’expertise guinéenne qui est allée donner un coup de main à la RDC », s’est d’abord félicité Mme Marie-Pierre, avant d’exprimer le souhait de voir une coopération plus affinée : « Je me demande si on peut réfléchir plus avant, vous savez dans une démarche de coopération Sud-Sud et j’ai travaillé dans d’autres régions où c’était un peu plus développé. Mais il me semble que dans votre belle région, on pourrait voir aussi cette réflexion et cette articulation entre les Etats qui ont des expériences et des expertises bien mieux que celles qui viendraient des pays plus au Nord ou à l’Ouest. […] Nous à l’Unicef, nous croyons beaucoup à cette solidarité, à cette coopération entre les Etats pour renforcer l’efficience, mais aussi ça contribue d’une certaine façon à la prospérité et même à la paix dans la région quand ils se tissent des relations professionnelles », a fait savoir la Directrice régionale de l’Unicef.

Le Directeur général de l’ANSS, Dr Sakoba Keit, trouve ce partage d’expériences entres les pays africains très intéressant et même nécessaire pour sauver des vies, car il y a de ces épidémies qui sont peu connues. Il a déjà élaboré un document technique qui pourrait servir à beaucoup.

« Personnellement, j’entrevoyais déjà beaucoup pour le second document technique que je voulais élaborer, parce que le premier c’était un peu l’historique, un témoignage de ma participation à la lutte. Mais dans le 2ème, j’ai dit qu’il faut, avec l’expérience que j’ai reçue, on va préparer pour les acteurs de la riposte, ce que nous pensons des différents piliers avec les nouveaux défis que nous avons », a-t-il expliqué.

Il confie que sa structure a été confrontée à N’Zérékoré à la présence de deux épidémies à la fois, notamment Ebola et le Covid-19 : « L’un des premiers défis c’est comment gérer concomitamment plusieurs épidémies. On s’est confrontés à ça à N’Zérékoré. La chance qu’on a eue, c’est que le poids de Covid-19 était plus faible à N’Zérékoré que dans les régions de la Basse Guinée.  Sinon on s’était interrogés comment isoler concomitamment les cas d’Ebola avec les cas de Covid. »

Parlant de la réticence des populations quand il s’est agi de la maladie à virus Ebola, Dr Sakoba a salué l’appui de l’Unicef qui a permis les équipes sanitaires de travailler dans les zones où est présent le virus Ebola : « Je remercie de passage l’Unicef qui a recruté 7 socio anthropologues et leur monographie qui a été la première à débloquer, régler les réticences de nos populations ici et diminuer leurs agressions contre nos équipes où malheureusement j’ai perdu près de 8 personnes par suite de conflit entre mes équipes et les populations et on a perdu 35 véhicules lors de la première épidémie. Mais c’est elle qui est venue décortiquer, mettre en parallèle nos us et nos coutumes et voir comment nos actions professionnelles peuvent s’adapter à ces us et coutumes. Et c’est pour cela qu’à N’Zérékoré on a évité de justesse les confrontations en mettant les socio anthropologues, les leaders communautaires devant. »

La visite de travail en Guinée de Mme Marie-Pierre Poirier, qui a débuté le 26 mai, va prendre fin ce 29 mai.

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