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Lutte contre les accidents en rase campagne : ce qu’en pense le patron de la gendarmerie routière de Mamou

Au cours d’un échange avec le lieutenant-colonel Djimè Chérif Haidara sur les accidents et les moyens de lutte pour les enrayer, et alors que les argumentaires développés de part et d’autre étaient animés, notre entretien, sans même nous en apercevoir, a glissé sur le rôle de la gendarmerie dans la gestion de ce phénomène. On sait que ce corps d’élite, comme on l’appelle dans maints pays où il existe en tant qu’institution, assure la prévention routière en rase campagne. Un rôle qu’il a toujours assumé avec le maximum d’engagement et de qualité.  Il va sans dire que la gendarmerie a toujours favorablement marqué les esprits, de par l’efficacité dont elle fait montre dans les missions qui lui sont assignées. Comment fait-elle pour vaincre les obstacles et triompher dans tout ce qu’elle entreprend ? Là est toute la question.  Ce constat se vérifie aussi chez nous où les gendarmes font leurs preuves en rase campagne dans le cadre de la lutte contre les accidents et toutes les formes d’insécurité. Sur le terrain, ils agissent avec beaucoup de discernement, d’écoute et de responsabilité. Malgré la modicité des moyens, ils sont présents sur le terrain et assument leur rôle avec constance et efficacité.

Sur cet important sujet, nous avons recueilli l’avis du commandant du groupement de gendarmerie routière de Mamou, le lieutenant-colonel Djimè Chérif Haidara. Voilà, ce qu’il en dit :

« Permettez-moi d’abord, au nom de mes chefs hiérarchiques et du personnel sous mon commandement, de saluer les lecteurs de votre quotidien ainsi que les usagers de la route. Nous adressons tous nos vœux de bonne et heureuse année et surtout de circulation sans accident. En tant que premier responsable du groupement de gendarmerie routière de la région de Mamou, le devoir nous incombe également, d’attirer l’attention des usagers sur les risques encourus sur la route et de les inviter à la prudence, dès lors qu’ils fréquentent notre zone. En effet, à cause du relief assez tourmenté qui la caractérise, la circulation n’est pas sans danger.

Mais, revenons plutôt à notre sujet. Vous me demandez quelle est la place de la gendarmerie dans la prévention routière. Je vous dirais d’emblée, que c’est une place centrale. On comprend bien que les citadins ne soient pas habitués à voir des gendarmes gérer la circulation routière, mais pour autant ceux-ci sont bien présents sur le terrain. Ils évoluent en rase campagne, un secteur qui se situe entre les centres urbains et qui couvre aussi, tout le réseau routier des sous-préfectures et des districts disséminés à travers le pays. Cela représente au moins 70% du réseau routier national.

Parlons maintenant du gendarme. C’est un citoyen en uniforme qui exerce un métier des plus exigeants qui soient. Le gendarme défend toujours la République, la Loi, la Justice, la Vérité et le bon ordre public. S’il le faut, il est prêt à défendre ces vertus, même au prix de sa vie ! Pour lui, partout et en toutes circonstances, ‘’force doit toujours rester à la loi’’. Le gendarme ne parle pas, mais écoute et observe ! Il est porté à l’action et non à la parole. Il n’accuse pas et ne brutalise pas.  Il a une grande retenue et défend toujours la Vérité et la Justice. C’est cette ligne de conduite que notre hiérarchie nous invite toujours à suivre, mais aussi à inculquer aux personnels placés sous notre autorité. Ces valeurs doivent se perpétuer indéfiniment. Elles constituent le socle qui nous rattache aux populations civiles, lesquelles nous accordent leur totale confiance. Un capital illimité, que nous allons préserver et pérenniser, à tout prix !

Le Haut Commandant de la Gendarmerie Nationale, Directeur de la Justice Militaire a toujours prêté beaucoup d’attention au renforcement de la sécurité routière dans notre pays. Cela ne surprend point, quand on sait que la protection des citoyens et de leurs biens sur les routes, en rase campagne, comme partout ailleurs sur le territoire national, constitue une de ses missions régaliennes. Le caractère à la fois sensible et névralgique de ce secteur explique l’intérêt qu’il lui porte. C’est ainsi, qu’à la prise du pouvoir par le CNRD, le 05 septembre 2021, de nombreuses réformes ont été menées dans l’optique de la refondation annoncée pour redynamiser tous les secteurs de la vie nationale. Parmi ces réformes, l’amélioration de la circulation routière et la lutte contre les accidents de la circulation ont figuré en bonne place. C’est ainsi que le CNRD a supprimé les barrages routiers. Mais, il y avait un risque de voir cette mesure provoquer un vide sécuritaire profitable aux usagers indélicats ou susceptible de favoriser un accroissement des infractions au code de la route. C’est alors, que les autorités ont décidé de renforcer les capacités d’intervention de la gendarmerie routière. Cette mesure étant la solution idoine pour pallier les effets néfastes que la suppression des barrages routiers pouvait avoir sur la circulation.

C’est ainsi qu’en novembre 2021, en lieu et place des anciennes compagnies sécurité routière, les autorités ont créé les groupements de gendarmerie routière basés dans les sept régions administratives et aussi à Guéckédou et à Conakry. Comme dans l’ancienne structure, toutes ces unités ont été placées sous l’autorité d’un commandement de la gendarmerie routière. La réforme et les avantages qu’elle a générés ne se sont pas limités là.

Le CNRD a également mis à la disposition de ces nouvelles unités un personnel qualifié ainsi que du matériel roulant, comprenant des véhicules tout terrain et des motos.  Avec ces moyens qui renforcent la mobilité sur le terrain, les autorités entendent combler le vide laissé par la suppression des barrages routiers, mais aussi raffermir la prévention routière et lutter contre toutes les formes d’insécurité, tels que les braquages routiers.

C’est ainsi que les agents sont à présent, plus visibles sur la route qu’ils ne l’étaient auparavant. Ils sillonnent, plus fréquemment, les axes routiers placés sous leur contrôle. Cette nouvelle réalité augure une nette réduction de la fréquence et de la gravité des accidents en rase campagne. Tous les groupements de gendarmerie routière s’attellent à cela. »

Notre interlocuteur ajoutera que, « pour atteindre l’objectif visé, les gendarmes, à eux seuls, ne suffiront pas. Il est essentiel que les usagers s’impliquent totalement et sans réserve. Le résultat attendu est à ce prix. Il faut qu’ils apportent leur appui aux forces de défense et de sécurité par un sens civique élevé qui prend en compte la responsabilité et le respect constant des règles du code de la route. »

Pour le lieutenant-colonel Djimè Chérif Haidara, commandant du groupement de gendarmerie routière de Mamou, la victoire contre l’insécurité routière en rase campagne est à ce prix !

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