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Lutte contre la corruption Guinée : une valse à trois temps (édito)

Les choses commencent à s’accélérer à la vitesse grand V, dans le cadre de l’opération de cautérisation de la corruption, l’un des vastes chantiers sur lesquels le gouvernement de la transition compte laisser son empreinte. Cette opération qui ressemble à s’y méprendre, à une valse à trois temps, vient d’entrer dans sa phase d’interpellation des présumés auteurs de détournements des deniers publics. Après celle de la réforme de l’appareil judiciaire, suivie de la mise en place de la Cour de répression des infractions économiques et financières (Cief).

La maréchaussée vient de mettre le grappin sur plusieurs présumés auteurs de détournement de l’argent public, pour les héberger à la Maison centrale de Coronthie. En attendant leur procès qui sera ouvert dans les prochains jours devant la Crief.

Cette première fournée est constituée entre autres de Mamadou Diouldé Diallo et de certains de ses collaborateurs de la Société des eaux de Guinée (Seg), dont il avait à charge les destinées.

Le sort de ces cadres ainsi que celle de plusieurs autres cols blancs, est sur le point d’être scellé, à l’allure où va le train anti-corruption. Le limogeage de sept hauts commis de l’Etat, dans la soirée du lundi par le président de la Transition, est la preuve éloquente que l’épée de Damoclès judiciaire plane dorénavant sur tous ceux qui sont suspectés d’avoir barboté dans les caisses de l’Etat.

La détermination à toute épreuve du colonel Mamadi Doumbouya, de moraliser l’administration publique tranche avec le laxisme de son prédécesseur. Celui-ci ayant passé tout son temps à se payer de mots. Sans jamais agir contre les mauvaises pratiques de certains fonctionnaires.

Dire que la déception de nombreux guinéens, a été à la hauteur de l’espérance, que ces gens plaçaient en l’ancien président, est une lapalissade. Car en lieu et place du bigbang promis aux Guinéens, pour sortir complètement des sentiers battus en termes de gouvernance, Alpha Condé s’est plutôt contenté de réformes rampantes.

Ce qui ne pouvait qu’enhardir les forbans de l’administration publique, qui ont profité de cette faille pour s’en mettre plein les poches. Laissant nos finances dans un état d’exsanguination.

Une indélicatesse qui ne pouvait que créer un appel d’air pour une prise de pouvoir par l’armée. Et c’est tout à son honneur que dans sa profession de foi, le colonel Doumbouya se soit engagé à nettoyer les écuries d’Augias. La mise en place de la Crief dont les travaux commencent à se ressentir sur le terrain prouve que pour le moment, le colonel n’a pas dérogé à sa promesse de confondre les bandits à col blanc.

Vivement donc qu’il puisse mettre fin à la gestion néo patrimoniale de l’Etat, qui a obéré nos finances et maintenu notre pays dans le lot des nations les plus corrompues du continent.

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