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L’un des avocats de Kassory avertit les autorités du CNRD : «ces interpellations peuvent vous atteindre demain»

Le dossier de l’ancien Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana et Cie a été orienté en flagrant délit avant que les mis en cause ne soient conduits en prison. Une démarche qui n’obéit pas à la bienséance qui sied en la matière en pareille circonstance. C’est du moins l’avis exprimé par le pool d’avocats constitué à l’effet de défendre leur cause.

En conférence de presse ce jeudi, Me Lancinet Sylla, un des avocats de ces anciens membres du gouvernement, a révélé qu’après avoir initialement orienté les dossiers de ses clients en flagrant délit, le Procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières n’a plus le pouvoir (…).

« Aucun texte de loi ne lui confère un quelconque pouvoir de réorienter [ces dossiers]. Dès lors que la Chambre de jugement est saisie, il appartient à cette Chambre de jugement de se prononcer sur toutes les questions. D’abord, d’ouvrir les débats. Ensuite, s’il y a une question de mise en liberté, de se pencher sur celle-ci. Donc, à cette phase, nous nous interdirons d’agir comme le Procureur spécial l’a fait à travers cette lettre », a-t-il déclaré en substance.

Non sans rappeler que le Procureur spécial près la Crief a agi illégalement, le pool d’avocats, par la voix de ‘avocat Lancinet Sylla, a dit ne pas être en mesure, à cette phase-là, de demander la mise en liberté de leurs clients.

« Si nous devons le faire, nous ne le ferons seulement que devant la juridiction de jugement qu’est la Chambre de jugement, dès lundi. De nos pas ici, c’est pour aller demander la mise à disposition d’une copie du dossier de la procédure », a Me Lancinet Sylla.

Tout en rappelant que le but du combat mené par les avocats, l’orateur a résumé ceci au « respect des règles de procédure qui se trouvent aujourd’hui foulées au pied », selon ses termes.

« Parce qu’ils sont tous poursuivis sur la base de la seule considération qu’ils ont appartenu au gouvernement Kassory, comme si l’appartenance à un gouvernement serait constitutive d’une infraction. Et comme si pour poursuivre telle ou telle personne, on ne cherche plus à savoir quelle est la responsabilité personnelle. Mais on engage la responsabilité collective des membres du gouvernement. Une pratique inédite contre laquelle nous devons tous nous élever. Parce qu’aujourd’hui, ce sont eux. Demain, ça peut atteindre même ceux qui sont actuellement au pouvoir. Ça veut dire qu’après la transition, tous ceux qui sont au pouvoir, pour leur demander de rendre compte, on va les poursuivre pour les mêmes infractions », a-t-il prédit en concluant.

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