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Benna Sikhourou : Des infrastructures en essor, mais le désenclavement reste le grand défi. 

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Nichée au pied du mont Benna, la sous-préfecture de Benna Sikhourou connaît une transformation progressive de son paysage infrastructurel. Bloc administratif, établissements scolaires et centre de santé sont venus renforcer les équipements de base de cette collectivité rurale. Mais ces acquis, bien que significatifs, peinent encore à répondre à l’ensemble des besoins d’une population répartie sur 11 districts et 66 secteurs.

À environ 64 kilomètres de Kindia et 54 kilomètres de Forécariah, Benna Sikhourou demeure confrontée à un déficit d’infrastructures structurantes. L’état du réseau routier, la faiblesse de la desserte électrique, l’accès limité à l’eau potable et l’insuffisance des équipements éducatifs et marchands constituent autant de contraintes qui continuent de peser sur le développement local.

Sur le terrain, le contraste est manifeste : les investissements réalisés témoignent d’une dynamique nouvelle, tandis que les difficultés d’accessibilité et de services essentiels maintiennent une partie des populations dans une situation de vulnérabilité.

Parmi les réalisations récentes figure un bloc administratif, exécuté avec l’appui du ministère de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation. Deux écoles de six classes sont également en construction.

Dans le secteur sanitaire, un nouveau centre de santé vient également d’être réalisé. La réception technique de l’ouvrage a déjà été effectuée, en attendant les réceptions provisoire et définitive.

Pour le maire de la commune rurale de Benna Sikhourou, Sékou Camara, ces réalisations constituent des avancées importantes, même si certains chantiers connaissent encore des difficultés « Nous avons obtenu un marché à travers le ministère de l’Aménagement du Territoire et de la Décentralisation, qui est le bloc administratif. Malgré le fait que le chantier soit en souffrance, aujourd’hui le visage a changé. » a-t-il expliqué.

L’éducation confrontée à la pression démographique

Les infrastructures nouvellement réalisées ne suffisent cependant pas à absorber les besoins croissants de la population scolaire. Au collège de Sikhourou, le manque de salles de classe entraîne une forte concentration des élèves dans les quelques bâtiments disponibles.

Selon le maire, certaines salles accueillent plus d’une centaine d’élèves, une situation qui pose directement la question des conditions d’apprentissage.

À cette insuffisance s’ajoute le déficit de logements destinés aux enseignants du primaire et du collège, alors que l’attractivité et la stabilité du personnel éducatif restent étroitement liées aux conditions d’accueil dans les zones rurales.

La route, première infrastructure structurante

Mais c’est surtout la question du désenclavement qui apparaît comme le principal frein au développement de Benna Sikhourou.

L’axe Forécariah-Moussaya-Sikhourou-Séguéya demeure fortement dégradé. En saison des pluies, les déplacements deviennent particulièrement difficiles, affectant aussi bien la mobilité des populations que l’évacuation des productions agricoles et l’approvisionnement des marchés « Vous avez vu l’accessibilité de la route Forécariah-Moussaya-Sikhourou jusqu’à Séguéya. C’est un problème. Partout où vous passez, vous trouverez de la boue et une dégradation très, très poussée », déplore Sékou Camara.

Pour l’autorité communale, l’enjeu dépasse la simple mobilité. La réhabilitation de cet axe constitue une condition essentielle pour connecter les différentes zones de production aux marchés, faciliter l’accès aux services sociaux et favoriser les échanges économiques.

L’électricité, un autre levier du développement

À la problématique routière s’ajoute celle de l’accès à l’électricité. Mais, trois districts, Dafira, Degui-Degui et Walia , bénéficient déjà de l’électrification.

Le centre de Sikhourou reste toutefois dans l’attente d’une desserte qui, selon les autorités locales, pourrait accélérer les activités économiques et améliorer les conditions de vie « Aujourd’hui, c’est vrai, qui parle de développement veut parler de la route, mais aussi du courant. » a-t-il rappelé.

Un pont devenu un obstacle au lieu d’être un trait d’union

À proximité du centre de Sikhourou, l’état d’un vieux pont en bois illustre de manière concrète les difficultés d’accessibilité auxquelles sont confrontés certains districts.

L’ouvrage assure la liaison entre Sikhourou et Mamoudou-Camara, Santiguiyah et Lefouré. Pendant la saison des pluies, sa dégradation complique le transport des marchandises et l’accès au marché hebdomadaire de Sikhourou.

Pour le maire, la construction d’un pont durable permettrait de désenclaver ces trois districts et de renforcer leur intégration économique au reste de la commune « Nous avons besoin d’un pont qui puisse permettre de faire traverser les marchandises, mais aussi faciliter la traversée des populations des trois autres districts vers Sikhourou », a-t-il plaidé.

Eau potable, marché et activités féminines

Les besoins ne se limitent pas aux infrastructures routières et énergétiques. L’accès à l’eau potable demeure également une préoccupation majeure, notamment pour les femmes.

Nana Camara, présidente des femmes de Benna Sikhourou, indique que de nombreuses habitantes continuent de s’approvisionner directement dans les cours d’eau.

Les femmes demandent également un marché mieux aménagé et un accompagnement accru pour leurs activités agricoles. Le manque d’intrants et de moyens de production réduit, selon elles, le rendement du maraîchage pratiqué dans la localité.

Ces revendications renvoient à une même problématique : l’insuffisance des infrastructures économiques capables de soutenir durablement les activités génératrices de revenus.

La mosquée du centre dans un état préoccupant

Autre préoccupation exprimée sur place : l’état de la mosquée de Sikhourou Centre. Construite en 1999, elle présente aujourd’hui d’importantes fissures et subit des infiltrations d’eau pendant la saison des pluies.

L’imam Karamoko M’Bemba Conté appelle à une intervention pour éviter que la dégradation de l’édifice ne constitue un risque pour les fidèles.

Des acquis à consolider par des investissements structurants

À Benna Sikhourou, les infrastructures récemment réalisées traduisent une évolution réelle du niveau d’équipement de la localité. Mais pour les autorités et les populations, ces avancées doivent désormais être prolongées par des investissements davantage structurants.

La priorité porte notamment sur la réhabilitation des axes routiers, l’extension de l’électrification, la construction d’un pont durable, l’accès à l’eau potable, le renforcement des infrastructures scolaires et la création d’équipements économiques adaptés aux besoins de la population.

Au-delà des ouvrages pris individuellement, l’enjeu est celui de la connectivité et de l’intégration de l’ensemble des districts. Car sans routes praticables, sans énergie et sans équipements sociaux et économiques suffisants, les nouvelles infrastructures risquent de ne pas produire tout leur potentiel.

À Benna Sikhourou, les populations ne remettent donc pas en cause les acquis. Elles demandent désormais que cette dynamique soit amplifiée afin de transformer les réalisations ponctuelles en véritable socle d’un développement local durable et d’un désenclavement effectif.

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