Dernières Nouvelles de la Guinée par les Guinéens

Lola : la culture Kla, un peuple ultra minoritaire, menacée d’extinction

Le peuple Kla ou Youanigbè reste un groupe ethnique peu connu des autres communautés de la Guinée. Il fait pourtant partie de l’histoire des tous premiers occupants de Lola. Dans cette préfecture, ils sont trois villages à rester fidèles à la culture Kla malgré les nombreuses menaces à son existence.

Les Klas sont issus du groupe Mandé du sud. Ils occupent un petit territoire de la région forestière de la Guinée. Ils sont concentrés dans les villages de Foumbadouba, Bolokorodou et Gooh, dans la sous-préfecture de Gueasso. En Côte d’Ivoire, ils occupent le nord-ouest, précisément la région du Bafing. Là, ils sont majoritaires dans la préfecture de Ouaninou.

Selon Ansoumane Bamba, l’un des vice-présidents des trois districts, les Klas ou Yacouba (Youanigbè,) sont des animistes qui adorent les ancêtres, des rivières et des masques.

Dans les coutumes Kla, les femmes ont leurs lieux d’adoration où les hommes ne sont autorisés et vice-versa. 

« Nous sommes conscients qu’il pèse de réelles menaces sur la pérennisation de notre identité culturelle. Des Klas ont décidé de s’ouvrir et assurer la culture Kla. Selon lui, notre ambition est aussi de mieux faire connaitre ce peuple et lui donner la place qui lui revient dans le concert des communautés guinéennes. Il est important d’observer qu’un peuple qui perd ses repères culturels, perd ses racines profondes et est voué au reniement, à l’isolement et à l’oubli. Chez nous, nous avons pérennisé la danse de bouh loh dont les seuls instruments restent la corne de gazelle, l’ivoire des éléphants et le tam-tam. Nous dansons cette danse depuis des siècles lors des cérémonies festives comme la sortie des masques, des cérémonies funéraires des grands chefs coutumiers qui sont toujours accompagnés par cette danse à leur dernière demeure. Aujourd’hui, il y a de sérieuses menaces sur la culture Kla dont certaines valeurs commencent à disparaître. Avant il y avait assez d’artisans dans les villages Klas qui valorisaient notre artisanat et notre culture. Mais les jeunes les ont abandonnés au profit de l’agriculture ou de l’argent. Alors que la sauvegarde de cette culture l’emporte plus. Maintenant, les jeunes disent que cette culture qui faisait la beauté du peuple Kla est folklorique. Alors que c’est l’authenticité africaine mais, personne ne se donne la peine de l’apprendre. Chez nous les Klas, les boubous traditionnels faits de coton, ont une signification. D’abord, il faut ce boubou dans la dot de mariage d’une femme. Ce sont ces grands boubous qui sont donnés à nos beaux-parents lors du mariage. De deux, ce gros boubou est porté jusqu’à présent lors des grandes cérémonies de mariage, des cérémonies funéraires et lors des réceptions des chefs. Mais aujourd’hui, il n’y a plus de   tisserand ici. C’est triste ! Si vous avez besoin aujourd’hui de ce boubou, vous êtes obligés de rendre sur les marchés ivoiriens pour l’acheter. C’est regrettable ! Les jeunes ne savent plus faire des sacs en raphia. Souvent, c’est avec regret que nous assistons à la perte d’une civilisation très ancienne au profit de la modernité. Nous-mêmes, ne tissons plus dans le village. Il n’y a plus qu’un seul vieux, du nom de Loua qui pratique le métier de tisser. Il y avait des portières ici mais, il n’y a plus de portière dans les villages malgré nos combats pour le maintien de cette culture qui est menacée. Nous avons des masques très importants mais, on ne peut plus initier tout le monde.

Concernant le tourisme, je peux dire qu’on ne permet pas à tout le monde de connaître et on n’initie pas tout le monde. On a notre forêt sacrée qui n’est pas visitée par les étrangers. On a des marigots qu’on adore si un touriste venait demander pour aller le visiter, on peut le conduire là. La course à l’argent est aujourd’hui la vraie menace contre notre culture », s’est plaint notre interlocuteur, l’air dépité par ce triste constat qui s’impose à eux.

vous pourriez aussi aimer
commentaires
Loading...