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Lola : à Samoukadou, à la frontière ivoirienne, pas d’eau courante, pas d’enseignants, pas d’infirmiers

Samoukade, est un district de la sous-préfecture de Gueasso situé à plus de 30 kilomètres et à moins de 5 kilomètres de la frontière ivoirienne, cette zone enclavée de la commune rurale de Gueasso est confrontée au manque d’infirmiers, d’enseignants et de forages.

Malgré la construction d’un poste de santé par les villageois, ils ont de la peine à avoir un infirmier dans ce gros village de plus de 1500 âmes.

Moussa Fofana raconte les difficultés de son village Samoukadou. Pour commencer je vous dis que nous avons quatre grands problèmes dans ce village. 

« Depuis plus cinq ans on a construit un poste de santé avec la participation des ressortissants nous avons la peine d’avoir un infirmier. Ici nous sommes loin de Gueasso ainsi que Foumbadou pour l’évacuation des malades vers les centres de santé. On a investi beaucoup d’argent dans la construction de ce poste de santé plus le logement de l’infirmier. Chez nous ici, si vous avez des femmes malades ou des enfants malades, il faut prier les motards avec un prix vraiment difficile. C’est pour éviter les dépenses d’évacuation des malades qu’on a construit le poste de santé. Nous avons beaucoup écrit aux autorités locales de Gueasso pour avoir un médecin traitant mais impossible. S’il y a une complication dans l’accouchement, il faut prier Dieu avant l’arrivée de la malade à Gueasso. Vraiment aujourd’hui nous sommes fatigués si tu es malade, il faut faire plus de 30 kilomètres encore sur la moto pour venir à Gueasso. En plus nous avons un sérieux problème d’eau potable dans le village. Nous puisons de l’eau dans une grande rivière malgré les risques qui sont liés à cela. Il   ajoute que les maladies diarrhéiques sont fréquentes chez nous. Vraiment avec la pollution des marigots actuellement nous sommes à la frontière des maladies », telles sont en partie les tristes réalités vécues par ces populations de Samoukadou.

 « Si le gouvernement regardait cette partie, cela serait une aubaine pour nous. Nous sommes le dernier village guinéen mais nous souffrons. En plus de ça,  nous avons construit une école mais dans le village on a  qu’un seul enseignant multigrade  et un  contractuel que nous payons à la fin du mois. C’est vraiment une charge sur nous », déplore notre interlocuteur.

Pour sa part Sékou Fofana  étudiant  sans emploi affirme que ses parents souffrent ici. « Nous sommes agriculteurs mais pour drainer les produits sur le marché de  Gueasso et de Lola cela comporte des difficultés  pour les paysans. Imaginez, vous êtes à  une distance de 35 kilomètres, on paye 60 à 70 mille comme transport sur la moto, c’est déplorable. Nous n’avons  même pas de  poste de santé  dans le village. Si tu es vraiment malade, il est très difficile  de s’en sortir. Il ajoute que nous ne savons pas ce qui se passe en Guinée. On entend pas une radio  ni ne voit une télévision, seulement nous écoutons les nouvelles ivoiriennes. Aujourd’hui l’État guinéen devrait être en mesure  d’ouvrir  des radios rurales et pourtant même à Lola rien n’existe. Pour aller plus loin, il faut faire quatre kilomètres  et partir  sur une colline pour téléphoner. Voilà la réalité de chez nous », a t-il conclu.

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