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Les technologies numériques permettent de mieux protéger le Palais du Potala dans la région autonome du Tibet

Xu Yuyao, journaliste au Quotidien du Peuple

Le Palais du Potala, site culturel avec une histoire de plus de 1 300 ans et le seul site du patrimoine mondial de l’UNESCO dans la région autonome du Tibet, ne cesse de se redynamiser grâce aux technologies numériques.

D’un simple clic, les gens peuvent observer sur des écrans le modèle 3D du complexe architectural ainsi que les détails des peintures murales du Palais du Potala grâce aux 800 capteurs qui y ont été installés, lesquels ont enregistré plus de 10 millions de données. En outre, plus de 1 500 dispositifs de surveillance et environ 9 kilomètres de câbles de fibre optique de détection ont également été installés pour protéger les bâtiments anciens du Palais.

La numérisation du Palais a été initiée par Dawa Ngodrup, directeur du centre numérique du bureau administratif du Palais du Potala, qui y travaille depuis 17 ans.

Il a pris cette décision après sa visite à l’Académie de Dunhuang dans la province du Gansu en 2006. Lors de cette visite, il a été surpris de voir de nombreuses technologies utilisées pour cartographier et protéger les peintures murales et les structures anciennes des grottes de Mogao, classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Dès lors, Dawa Ngodrup a presque passé tout son temps au Palais du Potala pendant quelques années, car il ne disposait pas de beaucoup de temps pour photographier les peintures murales, le Palais étant visité par un grand nombre de touristes pendant la journée. Au cours de ces années, Dawa Ngodrup a toujours fait des heures supplémentaires jusqu’à minuit pour photographier les détails des peintures murales du Palais en montant sur l’échelle.

Outre la numérisation de milliers de mètres carrés de peintures murales, Dawa Ngodrup a également lancé un projet de modélisation numérique de l’ensemble du Palais, qui a été un grand défi puisque le Palais possède des structures compliquées, avec beaucoup d’installations à l’intérieur. De plus, comme il était difficile de réaliser une cartographie des murs du Palais construit à flanc de montagne et que l’on disposait de peu d’informations sur le fondement du Palais, de nombreuses technologies, dont la photographie aérienne par drone, le balayage laser 3D et la reconstruction d’images multi-vues, ont été utilisées pour réaliser la modélisation numérique de l’ensemble du Palais.

« Nous avons fait cela pour constituer une base de données complète des vestiges culturels du Palais, faciliter le travail des chercheurs et minimiser le risque d’endommager les vestiges culturels », a déclaré Thubten Tsering, chef adjoint du centre de gestion du patrimoine du bureau administratif du Palais du Potala.

La surveillance structurelle en temps réel du Palais du Potala pour surveiller l’état des architectures est un exemple de l’utilisation des technologies modernes pour entretenir ce site culturel. La surveillance structurelle est une condition préalable à l’ouverture du Palais au public dans les limites de sa capacité d’accueil. Cela fait aussi partie intégrante de la protection efficace du Palais lui-même et de la prévention des risques potentiels.

Le système de surveillance a été conçu par le professeur Yang Na et son équipe du centre d’études et de surveillance des structures du Palais du Potala de l’université Jiaotong de Beijing. Après quatre ans de préparation, la première phase du système de surveillance structurelle du Palais du Potala a été officiellement mise en service en octobre 2012 pour surveiller les parties clés des structures en bois du Palais.

En étudiant les impacts du flux touristique sur les structures en bois du Palais, le système a permis d’établir un mécanisme de contrôle qui régule le nombre de visiteurs en fonction de la déformation structurelle causée par le flux touristique, afin d’éviter tout préjudice porté au Palais par les visiteurs.

La deuxième phase du système a commencé en 2015, qui couvre des parties encore plus difficiles à surveiller, y compris les murs, les fondations et les grottes du Palais.

Les personnels peuvent désormais vérifier les données des murs du Palais via une application sur leur téléphone portable, grâce à l’installation de 388 capteurs, dont des fissuromètres, des inclinomètres et des humidimètres de sol, qui peuvent suivre en temps réel tout changement dans la largeur des fissures, des températures ambiantes, des angles d’inclinaison des murs et des piliers, et autres paramètres clés. Ils peuvent aussi détecter en temps opportun toute catastrophe naturelle qui menace la sécurité du Palais, comme les tremblements de terre et les foudres. Mise en service en août 2021, la deuxième phase du système peut générer automatiquement des rapports d’analyse trimestriels et analyser l’état de l’architecture selon les données.

« Nous avons enregistré plus de 10 millions de groupes de données sur le Palais en une dizaine d’années, ce qui nous a permis de comprendre le changement global du Palais du Potala », a déclaré Yang.

Le Palais du Potala a une faible capacité de résistance au feu et recueille de nombreuses reliques culturelles inflammables, comme les classiques bouddhistes et les tangka, un type de peinture bouddhiste tibétaine sur coton et soie. Un système automatique d’alarme incendie a été installé dans le Palais, qui comprend 1 524 capteurs, boutons et modules, 8 710 mètres de câbles de fibre optique de détection de température, ainsi que 86 détecteurs d’incendie par vidéo. En outre, un système intelligent est installé pour surveiller la consommation d’électricité dans le Palais. Les dispositifs de détection ont couvert tout le Palais pour prévenir au maximum les risques d’incendie.

« Les technologies numériques et les divers outils de surveillance nous aident à mieux préserver le Palais du Potala, site historique et culturel dont l’histoire remonte à plus de 1 300 ans », a déclaré M. Jondan, directeur du bureau administratif du Palais. Ces technologies protègent non seulement le Palais du Potala, mais aussi d’autres vestiges culturels sur le plateau Qinghai-Tibet, a-t-il ajouté.

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